Tous les cinq à six ans, les standards du Program for the endorsement of forest certification (PEFC), l’un des deux grands labels de gestion durable des forêts évoluent. La dernière mouture vient d’être approuvée selon un processus très encadré, régi par le Forum PEFC, et prévoyant, pour la France, une centaine d’exigences qui se traduisent par 31 engagements, dont 9 évolutions principales, que les exploitants forestiers devront prendre pour garder ou obtenir leur certification.
Les principaux changements, qui durcissent, de fait la norme peuvent se résumer dans une plus grande attention à la question de la transformation de la forêt, eu égard aux plantations effectuées, en vue de ne pas perturber l’écosystème. De même, il est désormais interdit d’utiliser des produits chimiques désherbants de synthèse, et la taille autorisée de coupes rases est revue à la baisse, à 2 hectares, pour les domaines en forte pente ou forte sensibilité paysagère, ou à 5 hectares dans tous les autres cas, à moins de recourir à un diagnostic justifiant du dépassement (avec une limite à 10 hectares) pour bénéficier d’une exemption. Pour le reste, les nouveautés concernent la restauration de l’équilibre forêt-faune, l’introduction de la notion de zones forestières à haute valeur écologique ou encore la diversification des essences.
Gage de qualité
Est-ce que ces modifications porteront atteinte à la ressource bois, déjà sous pression, pour ce qui est de la fabrication d’emballages constitués de cette matière, des palettes par exemple, des caisses industrielles ou encore des emballages légers ? « Non, répond Paul-Emmanuel Huet, directeur de PEFC France, les évolutions ne seront pas de nature à avoir un impact sur la disponibilité de la ressource et donc sur les prix. Au contraire, la demande de bois PEFC a tendance à se renforcer ». Selon le responsable, l’emballage bois certifié « durable » constitue un gage de qualité, non seulement pour les faiseurs, mais aussi pour les clients prescripteurs finaux, les industriels donc, qui ont tendance à s’enquérir toujours plus de l’origine des produits qu’ils utilisent.
Le processus de « consolidation » des normes du nouveau PEFC prévoit maintenant une période transitoire qui s’achèvera le 25 septembre 2026, pendant laquelle les parties prenantes - propriétaires, exploitants et gestionnaires forestiers ainsi que les entrepreneurs de travaux forestiers - vont prendre connaissance des nouvelles exigences et les mettre progressivement en application.
Quelque 8,2 millions d’hectares dont 5,8 millions d’hectares en métropole sont certifiés PEFC en France contre 120 000 hectares pour le Forest Stewardship Council (FSC). La principale différence entre les deux organismes tient aux enjeux, le PEFC accordant plus d’importance aux causes nationales alors que le FSC s’intéresse davantage aux problématiques globales.



