Un mouvement de grève met à l'arrêt quatre usines du chimiste Kem One

Numéro deux européen du PVC, le chimiste Kem One fait face à un mouvement de grève depuis le 27 janvier, entraînant l’arrêt de quatre usines en France. La contestation porte sur les négociations salariales, la CGT réclamant des revalorisations supérieures.

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Comme trois autres usines de Kem One en France, celle de Lavéra (Bouches-du-Rhône) est à l'arrêt dans le cadre d'un mouvement de grève.

C’est l’impasse. Depuis le 27 janvier, et la fin des négociations salariales, un mouvement de grève portant sur les augmentations proposées a un impact d’envergure sur l’activité du chimiste Kem One, numéro deux en Europe du PVC. Deux de ses usines de chlorure de vinyle monomère (CVM), à Fos-sur-Mer et Lavéra (Bouches-du-Rhône), ainsi que deux sites de production de PVC, à Saint-Fons (Rhône) et Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence) sont à l’arrêt depuis plusieurs jours. Selon la direction de Kem One, environ 15% des salariés, sur un total de 1 300 en France (1 400 dans le monde avec l’usine de production en Espagne), seraient en grève.

« Résultats mirifiques »

La contestation est menée par la CGT Kem One et la Fédération nationale des industries chimiques (FNIC) de la CGT. La coordination fustige principalement une proposition d’augmentation générale de 2,6%, avec une hausse minimale de 80 euros. Elle réclame 150 euros minimum. Le syndicat considère comme « insupportable » le fait de « proposer des augmentations qui ne soient pas en rapport avec les résultats mirifiques de l’entreprise », selon un communiqué. Le mouvement intervient dans un contexte particulier, puisque Kem One a été acquis en décembre dernier par le fonds américain Apollo Global Management.

Tout en demandant la réouverture des négociations, la CGT avance que la direction de Kem One a arrêté des installations en la soupçonnant de vouloir engager un « lock-out », une « vieille technique patronale employée pour briser les grèves », en enclenchant du chômage partiel. La direction indique pour sa part que les installations arrêtées l’ont été « à froid », ce qui implique de vider les produits des installations et de les stocker à part sur les sites. « L’arrêt à froid est nécessaire pour garantir la sécurité des installations et limiter les impacts sur l’environnement et la facture énergétique », insiste-t-on du côté de la direction. Ce type d’ateliers de production est très électro-intensif et nécessite de fonctionner en continu si les produits sont toujours présents, même sans produire.

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La direction se défend

Sur le fond de la contestation, la direction dit ne pas « comprendre cette situation » par le biais d'une porte-parole. Cette augmentation de 80 euros est présentée comme une « revendication initiale » issue des « échanges bilatéraux avec les organisations syndicales » dans le cadre des négociations salariales. La direction se défend en estimant qu'elle propose des augmentations de 4%, en incluant les augmentations collectives minimales, les primes d’ancienneté et les augmentations individuelles. Il s'agit, selon la direction, d’une « enveloppe négociée très haut ». Elle indique qu’elle ne pourrait pas être revue à la hausse.

La direction reconnaît un très bon bilan financier en 2021, qui permettra de verser, en 2022, 10 000 euros par salarié en prime d’intéressement et de débloquer pour la première fois une participation de près de 4 000 euros par employé. Enfin, l’ancien président de Kem One, Alain de Krassny, qui avait repris Kem One in extremis avant une liquidation judiciaire en 2013, s’est engagé avant son départ à reverser 10% de la plus-value obtenue lors de la cession de Kem One. Ce qui représente 27 000 euros nets par salarié présent depuis 2014.

Pour le moment, avec les quatre usines à l’arrêt, Kem One se trouve dans l'incapacité de livrer certains clients en certains produits, comme le PVC ou le chlore utilisé dans le traitement d’eau. Une situation qui pourrait encore durer : comme le souligne une porte-parole, l’arrêt à froid nécessite « plusieurs jours pour un redémarrage ».

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