Ce n’est pas une surprise, l’avion émet beaucoup plus de CO2 que le train. Plus personne ne peut nier cette évidence, mais l’étude de la plate-forme indépendante de voyages en train et en bus démontre une fois encore le bien-fondé d’interdire les vols pour les voyages pouvant être effectués en train dans la limite d'une durée de 2,5 heures. Une mesure qui sera intégrée dans la future Loi climat et résilience.
Pour réaliser son calcul des émissions de CO2 selon le moyen de transport utilisé, Trainline s’est basée sur les chiffres de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et pour les prix et les temps de trajet, la plate-forme a compilé les données transporteurs et Skyscanner. Sur les émissions de CO2, la différence oscille entre 127 fois pour un Marseille-Lyon et 151 fois sur un Paris-Nantes, à l’avantage du TGV. Toutefois, le comparateur de l’Ademe - qui donne un multiplicateur de 138 entre le TGV et l'avion pour un trajet de 600 kilomètres (1kg de CO2 par voyageur contre 138 pour l’avion) - signale que si le trajet est effectué en Intercité (3,2 kg de CO2) et non en TGV, ce multiplicateur est réduit à 43. Ce qui n’est toujours pas négligeable. Cette mesure d'interdiction des vols courte distance intégrée dans la Loi climat a donc tout son sens pour lutter contre le réchauffement climatique. Et l’étendre au-dessus de 2h30 aurait permis de réaliser des gains plus considérables.
Un temps de trajet deux fois plus long en avion
Mais le comparatif entre les deux modes de transport proposé par Trainline va au-delà du gain pour le climat. Il concerne aussi la durée totale du trajet. Le temps de voyage y est calculé à point de départ et destination similaires, et non sur la seule durée du vol et du parcours en TGV. Il faut donc ajouter les modes de transport pour se rendre à l’aéroport au départ, puis pour rejoindre le centre-ville à l'arrivée. Pour se rendre de Paris-Châtelet à Bordeaux Place de la Bourse, il faut compter 2h30 en train contre 3h53 en avion. Pour aller de Paris-Châtelet à la place de la Mairie de Rennes, le temps est doublé en avion (3h21 contre 1h44). Toutefois, tous les voyageurs franciliens n’habitent pas dans le quartier de Châtelet-Les Halles…
Dernier élément analysé : le prix. Ceux qui dénoncent les tarifs exorbitants de la SNCF vont manger leur chapeau. L’avion est en moyenne 1,8 fois plus cher que le train, en tenant compte du prix du billet mais également des coûts engagés pour se rendre en gare et à l’aéroport. Un Paris-Bordeaux revient à 76 euros en avion contre 53 euros en train, un Rennes-Paris, 86 euros contre 38 euros, un Paris-Lyon, 100 euros contre 60 euros… Difficile, sur la base de ces éléments de comparaison, de s’opposer à l’article 36 de la Loi climat et résilience. D'autant que son impact sur les compagnies aériennes reste limité: la mesure réduira le trafic aérien domestique d’un peu plus de 10 %.



