Dans un monde qui veut tout faire plus vite – manger, voyager, acheter… - quitte à y laisser un peu de sa santé, l’arrivée du "slow train" est salutaire. Fini les TGV et les avions low cost pour s’évader un week-end à l’autre bout de l’Europe. C’est le retour des petites lignes et des trains de nuit.
La journaliste Juliette Labaronne avait anticipé ce mouvement en publiant en 2019 "Slow train", où elle propose des "échappées" en abandonnant le TGV au profit du TER, des Intercités, des Transilien.
Alors que le tout TGV s'est imposé dans les années 80, les lignes "classiques" ont subi un sort peu enviable. Des infrastructures en pleine déliquescence et des trains Corail quarantenaires, bons pour le démantèlement roulent sous l’acronyme TET, trains d’équilibre du territoire. Les petites lignes et les petites gares sont menacées quand elles n’ont pas été fermées au nom de la rentabilité. Les trains de nuit sont en voie de disparition.
Mais le réchauffement climatique a remis les pendules à l’heure. Les petites lignes semblent sauvées par le gouvernement qui a fait des transports du quotidien sa priorité depuis la loi Mobilités (LOM). Partout en Europe, la jeunesse se mobilise et refuse de prendre l’avion pour des trajets de courte durée. La Convention citoyenne pour le climat voulait imposer l’interdiction des vols intérieurs pour des distances pouvant être effectuées en moins de 4 heures, le gouvernement a fait la moitié du chemin en retenant un temps de 2h30. L’Europe accélère avec le Green deal la lutte contre le réchauffement climatique, et veut forcer le transport, le mauvais élève, à faire sa révolution verte. Les trains de nuit y ont toute leur place.
"Train kept a rollin’ all night long", le fameux refrain écrit et chanté par Tiny Bradshaw, et repris avec succès par Motörhead, les Yardbirds et le groupe normand Les Dogs revient à la mode avec le retour programmé des trains de nuit.
Sur les 67 trains de nuit qui circulaient chaque jour en France il y a une vingtaine d’années, ne subsistent que deux lignes : Paris-Toulouse-Rodez-Latour-de-Carol et Paris-Briançon. Mais la bonne nouvelle est venue d’Europe avec l’annonce du 8 décembre 2020 par quatre opérateurs historiques - la Deutsche Bahn (DB), la SNCF, les Chemins de fers fédéraux (CFF) suisses et la compagnie nationale autrichienne ÖBB – qui proposent quatre nouveaux trains de nuit, dont Vienne-Munich-Paris dès décembre 2021, puis Vienne/Berlin-Bruxelles/Paris en décembre 2023. En France, le gouvernement, les élus et les usagers réclament de nouvelles lignes. A la SNCF et aux autres opérateurs de relever le pari, avec des trains confortables et des services de qualité.



