« Faurecia travaille sur le développement de pièces composites intégrant du recyclé »

Le projet de recherche européen Zevra vise à concevoir des véhicules électriques circulaires et zéro émission. Trois question à Thierry Renault, responsable Innovation chez Faurecia Automotive Composites.
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Thierry Renault, responsable Innovation chez Faurecia Automotive Composites.

Quel rôle joue Faurecia dans le projet Zevra ?

Nous pilotons la partie du projet qui concerne le développement de pièces composites. Ce qui est ambitieux puisque Zevra vise le 100 % recyclé et que cela n'est possible que pour les composites à matrice thermoplastique. Toutes les pièces intégrant du recyclé des partenaires du projet seront montées sur un véhicule démonstrateur, en l'occurrence une Škoda Enyaq électrique.

Pour notre part, nous allons remplacer le couvercle du pack batterie aujourd'hui en aluminium par un composite rPET/fibres de verre qui présente des propriétés mécaniques très élevées. Nous travaillons également sur la substitution de la trappe de la prise de recharge électrique qui est en PBT incluant 20 % de charges minérales parle même matériau, capable de résister au passage en cataphorèse. Le rPET utilisé sera au moins à 95 % du post-consommateur, les 5 % restant correspondant aux additifs employés pour la teinte et autres fonctions. Nous allons également comparer les performances entre fibres de verre recyclées et vierges. Coûteux, leur recyclage est encore balbutiant, mais nous commençons à trouver du gisement du côté du nautisme, une filière REP (Responsabilité élargie des producteurs) pour les bateaux de plaisance et de sport étant en place depuis février 2019.

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Le secteur automobile est sensibilisé depuis quelques années à la nécessité d'un développement durable. Nous devons réduire nos émissions de CO2 qui proviennent au moins à 70 % des matériaux mis en œuvre. La réduction des émissions passe donc inévitablement parle choix matière. Il nous faut avoir recours à des matériaux intégrant du recyclé et des matériaux recyclables. Aujourd'hui, nous produisons principalement des pièces en thermodur : polyester/fibres de verre, époxy/fibres de verre ou époxy/fibres de carbone. Nous travaillons depuis 2016 avec l'IRT Jules Verne, au départ d'ailleurs pour des questions de temps de cycle, pour passer aux thermoplastiques.

Sur quelles matières avez-vous notamment travaillé ?

Nous avons débuté ces recherches en nous concentrant sur des matrices en PA6 et en PP. Ceci, entre 2016 et 2021 dans le cadre du projet Fibias 1 (de la fibre imprégnée à la structure). S'est ensuite enclenché, entre 2021 et 2024, le projet Fibias ++, les deux + correspondant à la volonté de travailler sur la baisse des émissions carbone et la recyclabilité. Fibias ++ s'est penché sur une matrice rPET, ce qui est relativement atypique. Le rPET provenait alors de sources postindustrielles.

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