Enorme surprise au congrès de la CGT, qui se tenait du 27 au 31 mars à Clermont-Ferrand. Après une semaine de désaccord sur la ligne du syndicat et une nuit de bataille électorale, c’est une figure bien connue de la CGT, mais que l’on n’attendait pas à ce poste, qui a été élue secrétaire générale : Sophie Binet.
L'actuelle secrétaire générale de l’Ugict-CGT, Union des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT, succédera donc à Philippe Martinez. Son premier chantier portera bien sûr sur la réforme des retraites: va-t-elle poursuivre l'intersyndicale? Répondre à l'invitation d'Elisabeth Borne la semaine prochaine? Encourager les blocages de raffineries?
La jeune quadra (née en 1982), ancienne conseillère principale d’éducation en lycée professionnel, était par ailleurs chargée, au niveau de la confédération CGT, de l’égalité femmes-hommes. Représentante des ingénieurs et des cadres, elle est une habituée des médias, où elle intervient sur les thèmes du travail, du chômage des cadres, et de la transition écologique. Elle est la première femme à prendre la tête de la CGT.
Rejet des deux candidatures pressenties
Elire une représentante des cadres à la tête de la CGT est particulièrement inattendu, tant les débats du congrès se sont focalisés sur le soutien ou le rejet de la ligne de Philippe Martinez, jugée trop conciliante par une partie des congressistes. Marie Buisson, la candidate proposée par le secrétaire général sortant, a suscité le rejet des tenants d’une ligne plus radicale, qui avaient déjà obtenu le rejet du bilan de la direction sortante, un camouflet pour Philippe Martinez. Mais leur candidate, Céline Verzelletti, n’a pas su élargir sa base électorale. Les pro-Buisson n’en voulaient à aucun prix. Alors qu’un consensus semblait se dessiner pour n'examiner que des candidatures féminines, un accord a été trouvé autour du nom de Sophie Binet.
La nouvelle secrétaire générale de la CGT semble ouverte aux questions écologiques. «Il faut que la lutte écologique devienne une lutte syndicale quotidienne, au même titre que celle sur les salaires», affirmait-elle en décembre à L’Usine nouvelle. Or ce thème a divisé les congressistes. Le choix fait par Philippe Martinez de nouer une alliance avec Greenpeace a choqué notamment la fédération de l’énergie, au vu des positions anti-nucléaires de l’ONG environnementale.
Jusqu’ici représentante des cadres, elle était aussi celle des ingénieurs et des techniciens. La CGT aura donc une bonne connaisseuse de l’industrie à sa tête, même si ce n’est pas son milieu professionnel d’origine. Elle succède au métallo Philippe Martinez. Tout un symbole.



