Un peu plus de 120 000 personnes ont déjà reçu une dose de rappel de vaccin anti-Covid, depuis le 1er septembre, a annoncé le 7 septembre le ministère des Solidarités et de la Santé. Ce qui est un démarrage timide pour cette nouvelle phase de la campagne vaccinale, sachant qu’environ 18 millions de personnes sont éligibles à ce jour à cette troisième dose, avant un probable élargissement à l’ensemble de la population ces prochains mois.
Pour le moment, cette troisième dose est réservé uniquement aux personnes de plus de 65 ans, aux résidents des Ehpad et des unités de soins de longue durée, aux personnes avec comorbidités et donc à risques de développer des formes graves du Covid, ainsi qu’aux personnes immuno-déprimées.
Suite à l’avis positif de la Haute Autorité de Santé (HAS) le 24 août dernier et à celui du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV), la Direction générale de la Santé (DGS) a donné son feu vert le 27 août à ce rappel. Les vaccins actuels ne disposent pas, dans leur autorisation européenne de mise sur le marché, d’indication sur cette troisième dose mais l’autorisation a été délivrée en France par le ministère des Solidarités et de la Santé qui en a le droit dans ce contexte pandémique.
Vaccin ARNm uniquement et compatibles
Le schéma vaccinal pour ce rappel se limite à l’utilisation d’un vaccin ARNm, donc soit le Spikevax de Moderna, soit le Comirnaty de Pfizer/BioNTech. Les personnes éligibles peuvent obtenir une troisième dose au bout de six mois, à l’exception des personnes immuno-déprimées qui pourraient obtenir un délai raccourci sur avis médical. Du côté du ministère des Solidarités et de la Santé, on précise que le rappel peut se faire "de manière hétérologue. Les personnes vaccinées avec un schéma à deux doses de Pfizer peuvent recevoir un rappel avec du Moderna, et celles avec un schéma à deux doses de Moderna peuvent avoir du Pfizer, ce n’est pas un problème". En revanche, les personnes vaccinées avec AstraZeneca et avec Janssen (Johnson & Johnson) recevront un rappel en ARNm, au bout de seulement quatre semaines pour les personnes vaccinées en une dose avec le vaccin Janssen.
Pour accompagner cette campagne de rappel, le vaccin Pfizer/BioNTech va devenir disponible en ville, "courant septembre" a confirmé le ministère. Actuellement, les pharmaciens et les médecins notamment, disposent seulement du Moderna pour les vaccins ARNm, ce qui donc élargira leur panel pour les rappels.
La menace du variant Delta même pour les vaccinés
Dans une nouvelle étude de modélisation publiée le 6 septembre, les épidémiologistes de l’Institut Pasteur ne se prononcent pas sur cette dose de rappel. Les conclusions soulignent toutefois qu’il est "essentiel que la couverture vaccinale chez les plus fragiles soit aussi haute que possible", en raison de la très haute transmissibilité du variant Delta. Lequel augmente aussi le risque d’hospitalisation de 50%. Selon l’Institut Pasteur, le risque d’infection est de 60% pour le variant Delta pour les personnes vaccinées, avec un risque d’hospitalisation réduit de 95% et un risque de transmission réduit de 50% pour une personne infectée mais vaccinée. L’étude conclue ainsi qu’avec "le variant Delta, les personnes vaccinées sont moins bien protégées contre l’infection, même si la protection reste très élevée contre les formes graves", et que les gestes barrières doivent encore perdurer même pour les personnes vaccinées.



