Un recul de 6,92% pour Schneider Electric à Paris, (-3,45%) pour son compatriote Legrand, (-4,04%) pour Siemens Energy à Francfort et (-4,51%) pour Prysmian à Milan… Le 24 février, les entreprises spécialisées dans les infrastructures électriques ont dévissé en bourse.
Une réaction à une information parue le matin même dans le média économique Bloomberg, citant des analystes de la banque d'investissement américaine TD Cowen selon lesquels Microsoft aurait«commencé à annuler des baux pour une quantité substantielle de capacité dans des centres de données aux États-Unis».
Une croissance record de Schneider Electric en 2024, portée par les datacenters
Interrogé, Schneider Electric a qualifié ces annonces de «rumeur», assurant qu’elles ne remettaient pas en cause «les tendances du marché des datacenters pour les deux prochaines années présentées lors de nos résultats annuels».
Le 20 février, l’équipementier tricolore avait présenté un chiffre d’affaires en progression de 6,3%. Une croissance largement soutenue par la dynamique positive des centres de données, en particulier en Amérique du Nord où Schneider Electric réalise la majorité de son activité. Sur le seul quatrième trimestre 2024, le segment a en effet représenté la plus forte haute des ventes au sein de cette activité, avec une croissance supérieure à 10% envisagée sur la période 2023-2027.
De son côté, Microsoft, qui avait annoncé en janvier 80 milliards de dollars d’investissements dans ses datacenters aux États-Unis en 2025, a assuré que ces dépenses «restaient d’actualité» face à une croissance qui se poursuit «à un rythme record». Dans une déclaration à la presse, le géant de l’informatique américain a toutefois concédé d’éventuels «ajustements stratégiques de nos infrastructures dans certaines régions» sans donner plus de détails.
Un contexte d'emballement autour de l'intelligence artificielle
Pour Andrea Tueni, responsable des activités de marchés de Saxo Banque France, en l’absence d’un démenti formel des principaux intéressés, ces déclarations lacunaires «pourraient s’avérer insuffisantes à rassurer les marchés». «Ces annonces peuvent être liées à un ajustement stratégique, où à une prise de conscience que les besoins ont été surévalués» jauge l’analyste. Surtout, si la chute est brutale, c’est aussi que les valeurs se sont envolées ces derniers mois, les ventes de Legrand ayant également crues de 6,2% sur le dernier trimestre 2024, en raison une hausse des ventes de 11,6% sur la zone Amérique du Nord et centrale. Portée là encore par l'activité dans les centres de données.
Dans ce contexte général d’emballement autour de l’intelligence artificielle et des infrastructures lui permettant de fonctionner, toute «mauvaise nouvelle», même relative, a tendance à susciter une forte réaction du marché. Ainsi, l'arrivée sur le marché fin janvier du robot conversationnel chinois Deepseek, qui serait moins énergivore que son homologue américain ChatGPT, avait entrainé la chute – temporaire mais dramatique – en bourse du concepteur de puces américain Nvidia et des énergéticiens. Les services dédiés aux centres de données constituent l'une des principales perspectives de croissance pour Schneider Electric, qui réalise plus d'un tiers de son chiffre d'affaires aux États-Unis. Ces activités, en plein essor pour faire face aux appétits exponentiels pour l'IA, soutiennent également l'ensemble des entreprises du secteur.



