Les thérapies cellulaires se classent au sommet des technologies de médecine personnalisée. Chaque médicament est unique. Fabriqué à partir du matériel cellulaire d’un patient, il est destiné à réarmer ses cellules avant de les lui injecter pour traiter sa pathologie. Très souvent en oncologie.
Mais ce genre de traitements sur mesure demeure complexe à produire, avec des coûts très élevés. Plusieurs laboratoires dans le monde tentent de mettre au point des thérapies cellulaires universelles (allogéniques, selon le terme précis), préparées à partir de donneurs sains et injectables à des patients plus rapidement et à moindre coût.
Les traitements CAR-T dans le viseur
C’est sur ce créneau que s’est fondé Allogenica, en 2022. La biotech lyonnaise, qui vient d’obtenir 2,5 millions d’euros à travers France 2030, cible les traitements CAR-T (à base de lymphocytes T génétiquement modifiés). Elle ajoute un gène thérapeutique aux lymphocytes T de donneurs sains, essentiels au système immunitaire. Ces cellules sont utilisées au stade immature car, une fois qu’elles ont mûri dans l’organisme, elles sont considérées comme propres au patient, ce qui évite tout rejet.
Deux candidats médicaments sont en développement dans certains cancers du sang, un troisième se focalise sur les tumeurs solides. Le produit le plus avancé d’Allogenica pourrait entrer en développement clinique, donc en essai chez l’homme, à partir de la fin 2026. Dans cette course mondiale aux thérapies cellulaires allogéniques, la biotech tricolore revendique une plateforme technologique unique qui lui permet, contrairement à ses concurrents, de se passer de toute manipulation génétique sur les lymphocytes T, à l’exception de l’insertion d’un gène.
Les challengers
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Cellectis
La biotech new-yorkaise dispose de cinq produits en essais cliniques, dont certains en partenariat avec la biotech Allogene Therapeutics et Servier, principalement dans les cancers du sang. Trois autres programmes avec AstraZeneca sont en phase préclinique. -
Allogene Therapeutics
Fondée en 2018 à partir de l’acquisition d’un portefeuille CAR-T de Pfizer, qui reste actionnaire, la biotech californienne développe sept candidats médicaments, dont deux en phase clinique, en oncologie et maladies auto-immunes. -
Celyad Oncology
Si la plupart des challengers d’Allogenica évoluent aux États-Unis, on trouve aussi quelques acteurs européens, comme cette biotech belge spécialisée dans les traitements CAR-T et qui développe notamment un traitement CAR-T allogénique.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n°3743 - Juin 2025



