Comment transformer la fabrication de l’ammoniac ou doper la production d’hydrogène vert en trouvant de nouveaux matériaux grâce à l’intelligence artificielle (IA). Tels sont les objectifs d’Entalpic, une start-up parisienne lancée en septembre par Mathieu Galtier, un ancien de la pépite franco-américaine Owkin, spécialisée dans la découverte de nouveaux médicaments grâce à l’IA.
Ressentant le besoin de lancer son propre projet à l’approche de la quarantaine, cet ingénieur s’est associé à Victor Schmidt et à Alexandre Duval, qui travaillaient sur des sujets relatifs au machine learning et au climat au sein l’institut québécois Mila. Avec Entalpic, les trois associés font converger leurs connaissances dans l’IA et leur appétence pour les sujets environnementaux.
L'ammoniac dans le viseur d'Entalpic
La start-up a déjà levé 8,5 millions d’euros et devrait compter dix personnes d’ici à début 2025. Elle se concentre sur la découverte de nouveaux catalyseurs pour des réactions plus efficaces et moins gourmandes en énergie. Sa plateforme automatise le cycle de découverte de nouveaux catalyseurs – de l’hypothèse jusqu’au test – grâce à trois briques : un modèle prédictif d’efficacité du catalyseur entraîné sur des données en partie publiques ; une couche d’IA générative afin d’obtenir les molécules et les opérations de synthèse ; des tests avec des logiciels de simulation quantique pour savoir comment se passe la réaction.
Entalpic se concentre notamment sur l’ammoniac, un gaz émetteur de CO2 dont le procédé de production n’a pas évolué depuis des années. De quoi verdir la chimie industrielle. #
Les challengers
• Altrove développe une plateforme de découverte de nouveaux matériaux pour les technologies climatiques, les véhicules électriques et l’électronique. Née en 2024, la start-up parisienne a aussi un laboratoire pour tester dans le monde réel ses différents procédés.
• Osium AI, une pépite parisienne de 2023, ambitionne d’équiper de sa platefome les départements R&D de l’aéronautique, des cosmétiques ou du packaging pour les aider à découvrir des matériaux plus légers ou biosourcés.
• Orbital Materials vient d’Angleterre. Elle se concentre sur la découverte de matériaux pour la captation du carbone. Elle a été fondée par Jonathan Godwin, un ancien ingénieur de DeepMind, un laboratoire d’IA de Google qui travaille aussi sur ce sujet.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3737 - Décembre 2024



