Une nouvelle pépite française de l’intelligence artificielle générative est née. Son outil, contrairement à ceux, généralistes, d’OpenAI et du français Mistral AI, se concentre sur la biologie. Dès son démarrage, Bioptimus a réalisé une levée de fonds de 35 millions de dollars (32,4 millions d’euros).
«Notre objectif est de pré-entraîner un modèle d’IA générative de la biologie capable d’effectuer des tâches comme le diagnostic, la médecine personnalisée et la découverte de molécules», explique Rodolphe Jenatton, son directeur de la technologie. Si des IA pour la découverte de nouveaux traitements existent déjà, Bioptimus entend proposer un outil avec une vision globale du vivant.
Un modèle open source avant commercialisation
Le but : observer des interactions qui ne sont pas forcément modélisées avec des approches plus spécifiques, comme celles se concentrant sur les molécules. La start-up entraîne son modèle sur des données biologiques comprenant des ADN, des gènes et des protéines. Dans un premier temps, elle le mettra à disposition des universités et des chercheurs en open source. Puis, lorsqu’elle aura développé un modèle plus large, elle le commercialisera.
Certaines sociétés pourront le « fine-tuner », c’est-à-dire l’entraîner sur un set de données spécifiques – qui, souvent, leur appartiennent – pour qu’il puisse répondre à une tâche donnée. D’ici à la fin de l’année, Bioptimus souhaite recruter une quinzaine de personnes. Pour séduire les talents, la pépite parisienne opte pour une politique de recrutement hybride, avec du télétravail et des réunions à Paris et veut profiter de l’effervescence de l’écosystème français en IA.
Les challengers
• Owkin se positionne sur l’ensemble des étapes de la découverte d’un nouveau médicament. Implantée à Paris, la pépite a fait de l’apprentissage fédéré sa spécialité pour accéder à diverses bases de données sans les mettre en commun.
• Aqemia exploite l’IA générative et la physique quantique pour accélérer la recherche en oncologie et en immuno-oncologie. La start-up parisienne affirme que son modèle d’IA est explicable grâce à la physique quantique, qui permet de tester les hypothèses.
• Qubit Pharmaceuticals part d’une bibliothèque réelle de molécules afin d’entraîner son algorithme d’IA. La deeptech française parie sur la puissance du calcul haute performance et se prépare à l’arrivée de l’informatique quantique.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3729 - Avril 2024



