Dans les traces d'Open AI, Mistral AI continue son ascension en fermant son modèle

La pépite tricolore, qui a lancé Mistral Large et Le Chat, veut rivaliser avec l'américain OpenAI et se hisser parmi les géants de l’IA générative.

Réservé aux abonnés
Image d'illustration de l'article
Guillaume Lample, Arthur Mensch et Timothée Lacroix ont fondé Mistral AI en 2023.

Mistral AI lance son offensive commerciale. La pépite française de l’IA générative a dévoilé son dernier grand modèle de langage (LLM), Mistral Large. Ses créateurs affirment qu’il peut se mesurer à GPT-4 de l’américain OpenAI. Détail important, il ne sera pas accessible gratuitement, contrairement aux précédents modèles de la start-up (7B et 8x7B). Les clients peuvent y accéder soit en payant à chaque requête, s’il est interrogé via une interface de programmation d’application (API), soit en souscrivant à une licence, dans le cas où ils voudraient adapter le modèle à leurs besoins.

A son lancement, l’offre payante était accessible directement auprès de Mistral AI ou via la plateforme cloud Azure de Microsoft, largement utilisée dans le monde professionnel. La start-up française a noué un partenariat avec le géant américain, qui prendra une participation minoritaire dans Mistral AI et dont le montant de l’investissement n’a pas été communiqué. Ce partenariat n’est pas sans rappeler celui de Microsoft et OpenAI. Mistral AI a également conclu un accord avec Snowflake : Mistral Large devient ainsi accessible aux clients de cette plateforme de gestion des données dans le cloud.

Le modèle ouvert de Mistral AI menacé ?

Pour la première fois, Mistral AI propose un LLM payant. Est-ce un revirement pour la start-up ? Pas complètement. Ses fondateurs avaient déjà annoncé vouloir poursuivre des développements en open source, tout en lançant une offre payante. Les modèles open source sont diffusés plus largement et permettent de créer de la demande. Mais c’est sur la commercialisation de modèles optimisés que repose le business. Une nécessité. D’autant plus que l’entraînement des modèles d’IA générative est très coûteux et que les chercheurs dans ce domaine sont très prisés. Toutefois, Mistral AI assure ne pas vouloir abandonner l’open source. Reste à voir ce qu’il en sera vraiment.

La start-up française couple la sortie de Mistral Large avec le lancement de son agent conversationnel, Le Chat. Un clin d’œil au ChatGPT d’OpenAI. Disponible uniquement en version bêta pour ses premiers clients, Le Chat simplifie l’accès à ses modèles de langage et permet d’en démontrer les performances. Bientôt utilisable par les entreprises, il vise ainsi à séduire plus d’utilisateurs. Une stratégie prometteuse puisque les IA génératives sont aujourd’hui très majoritairement utilisées dans les entreprises pour connecter des agents conversationnels à des sources de données internes.

Mistral AI suit donc les pas de son concurrent OpenAI. Ce dernier est d’abord passé par le statut d’association à but non lucratif publiant ses recherches, avant de devenir une entreprise peu loquace sur sa R&D. Aujourd’hui, OpenAI donne très peu d’informations sur la façon dont il conçoit ses LLM, sur les modèles et algorithmes utilisés, les bases de données employées ou les systèmes de modération mis en place. Un revirement critiqué par des chercheurs. Comprendre comment sont formés ces modèles peut aider à interpréter certains résultats ou contribuer à l’avancement de l’état de l’art. Malheureusement, les modèles les plus perfectionnés comme Sora, le tout nouvel outil de création de vidéo d’OpenAI, sont protégés pour des raisons commerciales. Un biais qui guette Mistral AI. #

Couv 3729
Couv 3729 Couv 3729

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3729 - Avril 2024

Lire le sommaire

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs