Comment le français Bioptimus compte se démarquer sur le marché de l'IA générative

[L'instant tech] Bioptimus est une nouvelle start-up française dans l'intelligence artificielle. Elle développe un ChatGPT pour la biologie. Son modèle pourra être utilisé pour de multiples tâches comme le diagnostic, la médecine personnalisée ou la découverte de nouvelles molécules.

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Biologie ADN
Bioptimus développe un modèle de fondation pour la biologie.

Une nouvelle pépite française de l’intelligence artificielle (IA) générative voit le jour… Mais comme son nom l’indique, Bioptimus se concentre sur la biologie. Un choix la différenciant d'un autre acteur français, Mistral AI, qui développe des grands modèles de langage (LLM) plus généraux, mais aussi de l'américain OpenAI avec ChatGPT. Bioptimus a débuté ses recherches en fin d’année 2023 et a annoncé le 20 février une levée de fonds en amorçage de 35 millions de dollars (32,2 millions d'euros).

Un tour de table mené par Sofinnova Partners et Large Venture (Bpifrance) auquel participent d’autres fonds ainsi que l’entrepreneur Xavier Niel. Ce dernier a également largement contribué au lancement de Kyutai, un tout nouveau laboratoire de recherche sur l’IA générative basé à Paris, ainsi qu’à la levée de fonds de Mistral AI. Comme cette dernière, certains fondateurs de Bioptimus sont passés chez DeepMind, l’entité de Google spécialisée dans IA. D’autres viennent de la start-up franco-américaine Owkin, qui cherche à accélérer la recherche de nouveaux médicaments grâce à l’intelligence artificielle.

Une vision globale du vivant

«Bioptimus a pour ambition de pré-entraîner un modèle d'IA générative de la biologie capable d'effectuer de multiples tâches comme le diagnostic, la médecine personnalisée ou la découverte de nouvelles molécules», explique à L'Usine Nouvelle Rodolphe Jenatton, directeur de la technologie chez Bioptimus. Dans le cadre de l’IA générative, les modèles sont entraînés sur de grands corpus de données, que ce soit du texte ou des images. Dès le départ Bioptimus a fait le choix de se concentrer sur la biologie afin d’éviter de mettre au point un modèle généraliste très gourmand en puissance de calcul et qui ne répond pas nécessairement aux usages professionnels. «L’évolution du marché montre qu’il faut être spécialisé pour parvenir à obtenir les meilleures modèles», ajoute Rodolphe Jenatton. Son modèle pourra être utilisé pour répondre à différents besoins tout en ayant une vision globale du vivant.

Bioptimus entraîne donc son modèle sur des données biologiques comprenant des ADN, des gènes et des protéines. «Et chaque type de donnée doit être présent à très grande échelle», glisse Zelda Mariet, chercheuse principale chez Bioptimus. La grande difficulté consiste donc à collecter ces données. Bioptimus ne peut pas faire comme ses concurrents dans la génération de texte, c’est-à-dire collecter de grandes quantités d’informations sur Internet. La start-up se tourne donc vers des données publiques de deux types : celles issues de partenariats avec des laboratoires ou des entreprises et celles collectées par Owkin. Si les deux start-up sont bien indépendantes l’une de l’autre, un accord les lie. En échange, Owkin pourra utiliser les modèles développés par Bioptimus pour améliorer ses services.

Un modèle d'abord open source pour les scientifiques

Si des modèles de fondation pour la découverte de nouveaux traitements existent déjà, Bioptimus entend proposer un outil avec une vision globale du vivant. Le but : observer des interactions qui ne sont pas forcément modélisées avec d’autres approches plus spécifiques, comme celles se concentrant sur les molécules.

Dans un premier temps, Bioptimus entend mettre à disposition des universités et des chercheurs ses modèles en open source. Progressivement elle mettra au point un modèle plus large. Un processus long et coûteux puisqu’il faut entraîner ses algorithmes sur d’importantes quantités de données. D’où le partenariat avec AWS, déjà partenaire d’Owkin, pour bénéficier de ses capacités de calcul. «Une grosse partie de la levée de fonds sert à financer le calcul», ajoute à ce sujet Rodolphe Jenatton. A terme, Bioptimus va commercialiser son modèle en proposant notamment une API. Certaines sociétés pourront ainsi le "fine-tuner", c’est-à-dire l’entraîner sur un ensemble de données spécifiques – souvent qui leurs appartiennent – pour qu’il puisse répondre à une tâche donnée.

Des recrutements en cours

Pour l’instant la pépite est composée des six cofondateurs. Trois d’entre eux sont des employés d’Owkin – Jean-Philippe Vert, Eric Durand et David Cahané – qui assistent à la création et au développement de Bioptimus. Les trois autres – Rodolphe Jenetton, Zelda Mariet et Felipe Llinares-López – sont uniquement rattachés à Bioptimus. «Des recrutements sont en cours», ajoute Rodolphe Jenatton. D’ici à la fin de l’année 2024, les effectifs de la start-up devraient comporter 15 à 20 personnes. Pour séduire un maximum de talents, la pépite opte pour une politique de recrutement hybride offrant la possibilité de faire du télétravail tout en se réunissant parfois sur Paris. Elle pourrait y tirer profit de l'effervescence de l'écosystème français en IA.

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