Depuis cinq ans, Sandrine Cheminaud multiplie les allers-retours entre la Suède et les Alpes. Il fallait bien cela pour gagner la confiance de Northvolt, la start-up suédoise des batteries pour véhicule électrique, et équiper sa gigafactory implantée sous le cercle polaire. Le terrain de jeu est nouveau pour la Grenobloise, plus habituée à concevoir les salles blanches des usines de puces de STMicroelectronics ou de Soitec.
Le goût du collectif
«La microélectronique est un secteur très cyclique. Il fallait se diversifier. La filière des batteries a émergé à ce moment-là, avec des besoins proches des usines de puces», raconte la quinquagénaire, directrice depuis 2018 du développement pour l’industrie des procédés d’Engie Solutions, devenu Equans. Elle s’investit dans la prospection, lance un premier projet avec Northvolt, puis chez ACC, Envision et Verkor, avec près de 500 millions d’euros de commandes à la clé.
«Mon rôle est de comprendre quand on a besoin de nous», résume l’ingénieure (Polytech Chambéry et Münster, en Allemagne), bousculée par les méthodes de travail venues de l’automobile et la culture start-up. Elle peut s’appuyer depuis 2021 sur sa propre équipe de 17 personnes, dédiée aux projets les plus complexes, pour défricher de nouveaux marchés. De quoi satisfaire son goût du collectif, qu’elle a longtemps cultivé comme secrétaire du comité d’entreprise. Faute de temps, elle a aussi laissé son mandat de conseillère municipale de son village aux dernières élections. Lui reste le tennis : «Je viens d’entrer au bureau de l’association sportive», glisse-t-elle en riant.
L'œuvre qui la caractérise
« La Liberté guidant le peuple» d’Eugène Delacroix
« Ce tableau reflète ma capacité à embarquer les autres. »



