Saint-Gobain se retire en partie de son activité canalisation en Chine. Le groupe français a annoncé le 16 avril avoir conclu un accord avec un "consortium mené par le management local", explique-t-il dans un communiqué, pour céder 67% de sa participation dans PAM Chine. Saint-Gobain, qui conservera 33% du capital de la société, indique que cette opération, prévue pour être finalisée au cours de l’été prochain, permet une valorisation de l’entreprise à hauteur d’environ 100 millions d’euros.
Ce changement d’actionnariat concerne une usine implantée à Ma’anshan, dans l’Est de la Chine, dédiées à la production de canalisations pour les marchés de l’adduction et la distribution d’eau potable, de l’assainissement ou encore de l’industrie. En 2020, cette entreprise de 1100 salariés a affiché un chiffre d’affaires de 170 millions d’euros pour un résultat d’exploitation de 9 millions d’euros.
Pas de concurrence directe avec Saint-Gobain PAM
"Cette nouvelle société est uniquement dédiée au marché chinois, il n’y a pas de concurrence directe avec Saint-Gobain PAM", précise une porte-parole du groupe français. Ces productions chinoises n’entrent pas en concurrence avec les exportations de Saint-Gobain PAM dans le reste du monde, affirme le groupe. PAM dispose d’une quinzaine d’unités industrielles dans une petite dizaine de pays, notamment dans l’Est de la France, en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Royaume-Uni, en Brésil ou encore en Afrique du Sud, avec des marchés dans plus de 140 pays.
En novembre 2018, Saint-Gobain avait déjà réduit sa présence dans le domaine des canalisations en Chine avec la cession d’une usine à Xuzhou, qui produisait des tuyaux et raccords en fonte ductile, dans le cadre d’une transaction de l’ordre de 200 millions d’euros. Cette usine avait été reprise par le groupe Nanjing Manyuan Technology.
La sortie de l'activité canalisations, pas avant 5 à 10 ans
Ce désengagement en Chine pour l'activité canalisation soulève évidemment, à nouveau, la question de l’avenir de PAM au sein du groupe, alors qu’en 2019 un projet de cession de la majorité de cette activité était sur la table. Benoit Bazin, directeur général du groupe appelé à devenir PDG au 1er juillet prochain, confiait récemment à l’Usine Nouvelle que "l’eau est un beau marché mais il reste loin des activités du groupe dans la construction". Avant de préciser que cette activité demeure pour le moment bien ancrée dans Saint-Gobain, et de repousser une éventuelle sortie à un horizon de "5 à 10 ans".
Engagé depuis fin 2018 dans un vaste plan de réorganisation de ses différents métiers et structures opérationnelles, Saint-Gobain a mené un remaniement de son portefeuille depuis près de trois ans qui l’a vu céder des activités représentant environ 4,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Tout en se renforçant en parallèle sur les activités clés avec une trentaine d’acquisitions, à l'instar du rachat de l’Américain Continental Building Products, spécialiste des plaques de plâtre. Dans l’immédiat, Benoit Bazin se veut rassurant pour Saint-Gobain PAM. Après la perte "d’un semestre de plan de développement faute de commandes des collectivités" au premier semestre 2020 en raison de la pandémie, l’activité a bien repris au second semestre et il assure que cette activité en Europe "continue de se redresser".



