Mauvaise nouvelle pour H2V, GDRF, GRTGaz ou Engie. Le président de la Commission de régulation de l’énergie, Jean-François Carenco, est farouchement opposé à l’injection d’hydrogène vert dans les réseaux de gaz, pour des questions économiques apparemment. On comprend mieux pourquoi le sujet n’est même pas évoqué dans la nouvelle feuille de route énergétique de la France (ou PPE), dont le texte final a été publié le 20 janvier et est soumis à consultation publique jusqu’au 19 février.
Il n’est de toute façon pas prévu dans la loi climat énergie de décembre 2019, qui fixe d’atteindre 10 % de production d’hydrogène bas carbone en 2023 et 20 à 40 % en 2030.
Un surplus de consommation de 30 TWh

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Pourtant, injecter de l’hydrogène produit par électrolyse pourrait entrer dans une stratégie de neutralité carbone. Mais on n’en est apparemment vraiment pas là, comme l’indique le nouveau rapport du transporteur national d’électricité RTE qui étudie les atouts et enjeux pour le système électrique à l’horizon 2030-2035 de la transition vers un hydrogène bas carbone.
Une transition qui se ferait par étapes. D’abord la production d’hydrogène vert pour décarboner les usages du gaz dans l’industrie (hydrogène, méthanol…) et la mobilité (transport lourd principalement). À un horizon 2035, cela représenterait une production de 630 000 tonnes d’hydrogène bas carbone par an pour l’industrie, soit une consommation d’environ 30 TWh, sur un total prévu par la PEP d’une production nationale de 615 TWh par an d’électricité décarbonée.
Au moins 6 millions de tonnes de CO2 évités
Pas de souci majeur donc pour supporter ce surplus de consommation, d’autant plus qu’à cette échéance le réseau aura des marges de flexibilité, selon RTE. Cet hydrogène vert permettrait d’éviter l’émission d’environ 6 millions de tonnes de CO2 par an, toujours à l’horizon 2035, soit 1 % des émissions nationales, surtout dans le cas d’un développement des usages de l’hydrogène dans la sidérurgie, le transport ou la consommation de gaz, avec notamment l’injection d’hydrogène dans les réseaux !
La seconde étape de la transition, qui consistera à utiliser le potentiel de stockage de l’hydrogène produit avec de l’électricité renouvelable, n'interviendrait pas avant 2035, selon RTE. Jusqu’à cette échéance, l’utilisation de l’hydrogène comme moyen de stockage n’est pas nécessaire pour accueillir les volumes d’énergies renouvelables prévus dans la feuille de route énergétique ou PPE et réduire à 50 % de la part du nucléaire, explique le rapport de RTE.
Pas besoin de stockage hydrogène avant 15 ans
En revanche, à horizon 2050, on aura besoin de stockage d'hydrogène si des scénarios majoritairement renouvelables étaient adoptés, comme celui 100 % renouvelable sur lequel planche RTE et l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), à la demande de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne. Malgré un rendement médiocre (entre 25 % et 35 %), la boucle power-to-gas-to-power (EnR- hydrogène- électricité décarbonée) serait quasi indispensable à l’équilibre du système électrique… et à la neutralité carbone de la France. On n’en est pas encore là.



