Il ne manque plus que les éoliennes. RTE a entamé le raccordement, mercredi 1er mai, du câble chargé de transporter l’électricité du futur parc éolien en mer du golfe du Lion (EFGL), situé au large du Barcarès (Pyrénées-Orientales), vers le réseau électrique terrestre. Le transporteur d'électricité doit encore connecter le câble à l’éolienne flottante de tête. Celle-ci devrait être posée à 16 kilomètres des côtes, avec les deux autres éoliennes du constructeur MHI Vestas, à la fin de l'année 2024. Le parc pilote, développé par Engie, doit être mis en service en 2025 pour une capacité de 30 mégawatts (MW).
Dans le détail, le navire câblier « Viking Neptun » a d’abord tiré le câble sous-marin à 1 kilomètre au large, jusqu’à un fourreau de protection souterrain de 600 mètres de long. Le branchement électrique a été ensuite tiré par un treuil situé à terre jusqu’à la chambre de jonction – un coffre de béton maçonné, situé sous un parking, où les câbles sous-marins sont connectés aux câbles souterrains. Le Viking Neptun a ensuite pris le large en déroulant le câble au fond de l’eau sur 18 km jusqu'au 3 mai. Le bateau câblier était suivi d’un navire d’ensouillage, chargé d’enfouir le câble sous le sable.
Ian HANNING pour RTE Les 500 premiers mégawatts en Méditerranée prévus d’ici à 2031
Poids plume de l’éolien en mer français, la Méditerranée ne compte que trois sites pilotes, tous en chantier. En plus du parc pilote du golfe du Lion s’ajoutent ceux de Port-La-Nouvelle, dans l’Aude (30 MW), et de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône (25 MW), pour une mise en service de ces deux derniers sites courant 2024. Ils constitueront les trois premiers sites français à utiliser la technologie balbutiante de l'éolien flottant.
Ian HANNING pour RTE Un appel d’offres (AO6) pour les 2 premiers parcs commerciaux méditerranéens a été officiellement lancé par Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, jeudi 2 mai à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Situés au large d’Agde (Hérault) et de Fos-sur-Mer, les deux sites devraient avoir une capacité de production d’électricité de 250 MW chacun (avec une extension de 500 MW), pour une mise en service prévue en 2031.
Ian HANNING pour RTE En France, le nord-ouest se taille la part du lion. Sur les 12 projets commerciaux d’éolien offshore en France, 10 se concentrent dans la zone. Celle-ci héberge les trois seuls sites commerciaux actuellement en service – Fécamp (Seine-Maritime), Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) et Saint-Nazaire –, pour une capacité totale de près de 1,5 GW. À cette puissance, près de 1,5 GW devraient s’ajouter d’ici à 2026 avec le raccordement de trois autres parcs actuellement en chantier, à Dieppe – Le Tréport (Seine-Maritime), Courseulles-sur-Mer (Calvados) et Yeu – Noirmoutier (Vendée). La France vise une capacité éolienne en mer installée de 18 gigawatts (GW) d’ici à 2035. Un calendrier serré, alors qu'aucune nouvelle mise en service ne devrait avoir lieu entre 2026 et 2031.



