Rio Tinto met 6,7 milliards pour racheter Arcadium et devenir un grand du lithium

Le géant minier anglo-australien Rio Tinto a officialisé mercredi 9 octobre racheter le géant du lithium Arcadium contre un gros chèque de 6,7 milliards de dollars (autour de 6,1 milliards d’euros). Une opération XXL autour de ce métal critique pour les batteries, qui permet à Rio Tinto de se positionner en force sur un créneau qu’il lorgne depuis longtemps.

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Mine Rio Tinto Australie
Rio Tinto est historiquement spécialisé sur les grands métaux industriels comme le fer, l’aluminium ou le cuivre.

Le géant du lithium Arcadium, lui-même issu de la fusion entre l’australien Allkem et l’américain Livent en mai 2023, a été une cible de choix pour Rio Tinto. Le mastodonte anglo-australien, qui lorgne depuis longtemps le métal star des batteries électriques, a annoncé mercredi 9 octobre au matin racheter Arcadium pour un gros chèque de 6,7 milliards de dollars, soit autour de 6,1 milliards d’euros.

L’opération, hors norme pour le métal léger, propulse Rio Tinto parmi les plus grands producteurs de lithium du monde aux côtés du chilien SQM et de l’américain Albermale, et des chinois Tianqi et Ganfeng. Arcadium emploie 2800 employés dans le monde et peut produire 75000 tonnes de carbonate de lithium (la forme chimique utilisée dans les batteries) ou équivalent par an. Un chiffre qu’elle devrait doubler d’ici 2028 !

Roches en Australie et saumures en Argentine

«Arcadium est un producteur mondial de produits chimiques à base de lithium, à croissance rapide et intégré verticalement, qui dispose d'une base d'actifs constituée d'opérations à long terme et à faible coût, ainsi que de projets de croissance», décrit Rio Tinto dans son communiqué de presse. L’entreprise rachetée possède des mines rocheuses de lithium en Australie et exploite aussi des saumures en Argentine, où elle récupère le métal dissout de deux manières : soit au cours d’un long processus d’évaporation au sein de lacs à ciel ouvert, soit par une méthode innovante d’extraction directe (sur laquelle mise aussi le français Eramet, voisin dans le pays). Arcadium développe aussi un gros projet au Canada. Au-delà des mines, Rio Tinto met aussi la main sur les nombreuses raffineries de lithium d’Arcadium, aux États-Unis, en Chine, au Japon et au Royaume-Uni.

Sans être étranger au lithium, Rio Tinto restait jusqu’alors un acteur modeste de ce petit marché stratégique, étant historiquement spécialisé sur les grands métaux industriels que sont le fer, l’aluminium et le cuivre. L’entreprise anglo-australienne ne cachait pas pour autant sa volonté de s’exposer davantage au lithium et à la transition énergétique. Elle porte notamment un grand projet en Argentine, Rincon, dans lequel elle a investi 350 millions de dollars en début d’année, et travaille sur l’extraction de lithium au sein de résidus d’une mine de borates en Californie. Depuis des années, Rio Tinto pousse aussi pour développer un complexe minier géant et très contesté en Serbie, baptisé Jadar, pour lequel elle a obtenu un permis en début d’été.

L’acquisition est aussi un signe de confiance de la part de Rio Tinto, alors que le marché du lithium reste très déprimé, puisqu’une tonne de métal pour batterie se négocie autour de 10000 dollars la tonne. Un prix bas, plus de 80% inférieure au pic de début 2023, qui semble décourager l’investissement de certains acteurs du marché «Rio Tinto est confiant dans les perspectives à long terme du lithium, avec un taux de croissance annuel composé de plus de 10 % de la demande de lithium attendu jusqu'en 2040, qui amène à un déficit de l'offre», justifie l’entreprise. À bon entendeur.

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