Accès restreint et foot shake à la réunion de l’Opep

Réunis à Vienne au siège de l’Opep ce vendredi 6 mars, 23 pays exportateurs de pétrole assemblés au sein de l’Opep+ travaillent sur un accord pour retirer 1,5 million de barils de pétrole par jour du marché afin d’enrayer la chute des prix aggravée par l’épidémie de coronavirus Covid-19.

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Le foot shake du ministre russe de l’Énergie Alexandre Novak et du secrétaire général de l’Opep, le Nigérian Mohammed Barkindo, en pleine épidémie de coronavirus.

L’habituelle course aux commentaires des délégués dans les couloirs du siège viennois de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) n’a pas eu lieu cette année. Par crainte du coronavirus Covid-19, les réunions de l'Opep et de l’Opep+ (étendue à dix partenaires) des 5 et 6 mars se tenaient à huis clos, les journalistes étant cantonnés à l’extérieur.

Le secrétariat général de l’organisation a aussi multiplié les recommandations de prudence. Une équipe médicale autrichienne vérifie la température des participants à la réunion à l'entrée du siège viennois de l'Opep. L'organisation a également déconseillé les poignées de main. Sans succès. Mais la tentative malhabile de foot shake (salut avec les pieds) entre le secrétaire général de l’Opep, le Nigérian Mohammed Barkindo, et le ministre russe de l’Énergie Alexandre Novak restera l’image de la rencontre. Une image symbolique, alors que l’Opep tente depuis plusieurs jours de convaincre son allié russe d’accepter une réduction importante de la production de pétrole.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole se réunissait, le 5 mars à Vienne (Autriche), pour décider d’une nouvelle réduction des quotas de production de pétrole. Ce 6 mars, la réunion était étendue à ses dix partenaires de l’accord Opep+, dont le chef de file est la Russie, pour valider un objectif commun de réduction.

Des discussions ont eu lieu, comme toujours, en amont de la réunion de Vienne. Au fil des jours, l’effort à consentir pour empêcher une baisse trop forte du prix du baril augmentait. De 600 000 barils par jour envisagés au début des échanges, les coupes supplémentaires de production sont d’abord passées à un million. Puis l’Opep a communiqué, le 5 mars, sur le chiffre de 1,5 million de barils à retirer des quotas d’ici juin, avant de proposer dans la soirée un allongement de cette mesure jusqu’à fin 2020.

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Prévisions de décroissance de la demande

Les prévisions de plus en plus alarmistes sur la destruction de demande liée au coronavirus, publiées ces derniers jours, n’y sont pas pour rien. L’Opep reste relativement optimiste, en anticipant une hausse de la demande de 480 000 barils par jour en 2020 (contre 1,1 million de barils par jour dans ses prévisions précédentes, publiées en décembre 2019).

D’autres sont moins optimistes, comme Goldman Sachs qui a coupé drastiquement dans ses prévisions de croissance, les faisant passer de 1,1 million de bj à 550 000 bj, avant de se raviser pour annoncer une possible décroissance de la demande, à -150 000 bj. Ce retournement de tendance n’est survenu, à l’échelle d’une année, que neuf fois depuis 1966 et trois fois depuis 1985.

Le Brent sous les 50 dollars

Le 5 mars, à la veille de la clôture de la réunion de Vienne, le baril de Brent (qualité de pétrole de la mer du Nord qui fait référence à l’international) avait fini la journée sous les 50 dollars le baril. Ce qui n’était plus arrivé depuis mi-2017. Les cours de référence du pétrole ont perdu 30 % depuis début janvier.

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