Les années de baisse de la demande mondiale de pétrole sont rares. On n’en a compté que neuf depuis 1966, et seulement trois depuis 1985. Après 1993 (récession américaine) ; 2008 et 2009 (crise financière internationale), l’année 2020 pourrait être la quatrième en quarante ans, cette fois à cause du coronavirus Covid-19. C’est dans ce contexte que s’ouvrira, le 5 mars à Vienne, la réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses dix partenaires de l’Opep+, Russie en tête. La réunion se tiendra d'ailleurs en l'absence de la presse, et avec un nombre réduit de délégués des pays membres, par mesure de précaution contre le coronavirus, a annoncé l'Opep le 3 mars.
Les prévisions de demande ne cessent de baisser
Pour l’instant, l’Agence internationale de l’énergie projette encore une hausse de la demande de 800 000 barils par jour sur l’année 2020, un tiers de moins que sa prévision initiale. Mais ce chiffrage était basé sur une épidémie de Covid-19 limitée à la Chine, et sur le bilan au 13 février. Les chiffres récents sur les contaminations au nouveau coronavirus dans le monde montrent déjà qu’on a largement dépassé ce stade. Les analyses récentes dans le secteur privé – qui ne sont pas rendues publiques - ont d’ores et réduit cette hausse de la demande à une fourchette de 200 000 à 700 000 barils par jour (Vitol), et des coupes supplémentaires sont attendues.
Du côté des analystes, JBC Energy projette la hausse à seulement 50 000 barils par jour. Et pour les consultants de FGE, interrogés par Bloomberg, la demande pourrait stagner. Parmi les plus pessimistes, Goldman Sachs vient de réviser sa prévision d'évolution de la demande de pétrole de +1,1 million de barils par jour avant le coronavirus à -150 000 barils par jour. IHS Markit envisage également une décroissance à l'échelle de l'année 2020, précisant que la demande plonge au premier trimestre de 3,8 millions de barils par jour, une baisse record qui bat en volume celle survenue au premier trimestre 2009 lors de la crise financière.

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Le cauchemar de l'Opep
En amont de la réunion du cartel d'exportateurs à Vienne, les discussions sur une nouvelle limitation de la production de pétrole pour empêcher le cours du baril de Brent de continuer à glisser sous les 50 dollars vont bon train. Les 13 membres de l'Opep penchent plutôt en faveur d’une coupe de 1 million de barils par jour, tandis que leur partenaire principal de l'Opep+, la Russie, est pressenti plutôt à un seuil de 600 000 barils. Il se murmure même que l’Arabie saoudite, poids lourd et leader de facto de l’Opep, pourrait à elle seule restreindre la production de 400 000 barils pour atteindre le million de barils espéré.
Mais même en limitant très fortement leur production, les membres de l’Opep et leurs partenaires de l’Opep+ auront du mal à limiter la chute des prix. Surtout si les Etats-Unis continuent à produire et à exporter tant et plus. Ce, sans compter les 12 millions de barils issus des réserves stratégiques que les Etats-Unis comptent remettre sur le marché à court terme.
Au mois de mars, les livraisons de pétrole saoudien à la Chine sont en baisse d’un tiers sur les volumes prévus. Dans ce pays où a émergé l'épidémie de Covid-19, les premiers signes de reprise de l’activité sont bel et bien là, mais les stocks sont pleins.



