Les cours du pétrole ont chuté de 10 % depuis l’émergence du virus nCov en Chine, pour tomber à leur plus bas niveau depuis début octobre (52 dollars le baril de WTI et 57 dollars pour le Brent). Corrélation n’est pas causalité, certes, mais le ralentissement de la demande chinoise est bien réel.
Une province entière (60 millions de personnes) est placée en quarantaine, ses accès routiers fermés ; le trafic aérien est ralenti, voire stoppé à Wuhan, épicentre de l’épidémie. Dans le reste de la Chine, les principaux sites touristiques sont fermés et les déplacements ont été réduits, malgré le Nouvel an chinois. À cet impact immédiat pourrait succéder un impact à plus long terme sur la croissance chinoise, dont la prévision sous les 6 % (sa pire performance en trente ans) inquiète déjà. Selon S & P, le pays pourrait perdre 1,2 point de croissance annuelle si le transport et les loisirs chutaient de 10 %.
L’impact du virus est tellement tangible que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) envisage d’avancer à février sa prochaine réunion, initialement prévue en mars. Mais à l’échelle des marchés pétroliers, le coronavirus n’est qu’un symptôme. Il confirme un diagnostic connu, bien que mal accepté. Pour quelques années encore, le principal risque, pour le pétrole, n’est pas un déficit d’offre, mais un défaut de demande. Preuve en est que les traders ont à peine sursauté, le 26 janvier, à l’annonce d’une attaque à la roquette contre l’ambassade américaine à Bagdad (Irak).



