Très internationales, les écoles d'ingénieurs françaises sont aussi confrontées au coronavirus

Alors que l’épidémie sème la panique en Chine, les établissements français suspendent les départs de leurs étudiants et donnent des consignes à ceux encore sur place.

 

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Ecole centrale de Pékin
Le campus de Centrale Pékin.

Instruction du ministère des affaires étrangères, consignes de rapatriements, ouverture d'une cellule psychologique… Les écoles d’ingénieurs, très orientées vers l’international et notamment l’Asie, prennent de plein fouet l'épidémie de coronavirus qui frappe la Chine depuis quelques jours. De nombreux étudiants s’y trouvent en échange académique ou étaient sur le départ.

Conseil de repli

Aux Arts et Métiers, école dont le premier accord-cadre avec le pays asiatique remonte à 1987, une cinquantaine d’étudiants sont actuellement en Chine ou allaient y partir, principalement à Shanghai et Pékin, mais pas à Wuhan, ville épicentre de l’épidémie. “Nous avons conseillé aux élèves sur place de rentrer”, indique Laurent Champaney, directeur de l’établissement, qui précise que les étudiants auront une solution de repli une fois de retour en France. “Nous avons notamment pris cette décision suite à l’annulation de vols Air France et British Airways, par peur qu’ils se retrouvent bloqués”.

La direction de l'Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) a elle décidée de suspendre les stages en entreprises de 77 étudiants qui devaient s’envoler pour la Chine à mi-février. L’école a publié lundi un communiqué, annonçant “la suspension des échanges universitaires avec la Chine jusqu’à nouvel ordre, conformément aux recommandations du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.”

Moratoire

Du côté de CentraleSupelec, qui dispose d’une antenne à Pékin via le réseau Centrale, la ligne suivie est également d’annuler les stages ou échanges universitaires vers la Chine. Mais aucune consigne de rapatriement n’a été directement formulée. "Nos trois doubles-diplômes qui vivaient à Xi'An et à Pékin sont actuellement en France pour les vacances et attendent des instructions pour repartir, révèle l’école. Nous avons également cinq étudiants à Hong Kong, pour lesquels il n'y a pas eu pour le moment de demande de rapatriement.”Telecom Paris a instauré un moratoire de deux semaines pour les chercheurs souhaitant se rendre en Chine. “Ce n’est pas une obligation, mais une recommandation”, clarifie Stéphane Potelle, directeur du Cabinet de Nicolas Glady, directeur de l’école.

Cellule de suivi

Après la réunion d’une cellule de crise la semaine dernière, l'École Polytechnique a mis en place un suivi médical pour tous les élèves et enseignants du campus de Saclay, avec une attention particulière pour ceux ayant séjourné en Chine. Aucun cas de coronavirus n’a été détecté. La dizaine d’étudiants chinois qui étudient actuellement à l’X sont eux en vacances pour le nouvel an chinois. "Nous leur avons spécifié de ne pas faire de crochet par la Chine", explique Raphaël de Rasilly, directeur communication adjoint de l’école. Une cellule psychologique a été créée pour ceux ayant de la famille sur place.

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