À chaque grande mutation économique son jargon. La lutte contre le réchauffement climatique ne fait pas exception, avec son cortège d’objectifs de « neutralité carbone », de « zéro carbone net », de tonnes de CO2 équivalent carbone, bilan carbone, analyse de cycle de vie et autres « scope 1 », « scope2 » et « scope 3 ».
Ce terme « scope » renvoie aux trois grandes familles d’émissions de gaz à effet de serre d’une organisation - collectivité, entreprise, association... - définies par le standard international du Greenhouse gaz protocol (GHG Protocol). Il a été créé en 1998 pour aider les organisations à réaliser leur bilan carbone ou de gaz à effet de serre, en identifiant les principaux postes d’émissions directes et indirectes, pour mieux cibler ses actions de réduction. Pour l’entreprise, ils couvrent une vingtaine de catégories.
Le scope 1 : émissions directes
Il concerne toutes les émissions directes de l’entreprise. Elles sont rangées dans deux grandes catégories :

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 2.2337+2.05
3 Avril 2026
Gazole France TTC€/litre
- Les émissions liées aux équipements et installations (fours, hauts fourneaux, séchoirs...)
- Les émissions liées au carburant consommé par les véhicules d’entreprises. Les émissions des camions seront dans le scope 1 des transporteurs (car directement liées à leur activité), mais dans le scope 3 (indirect de la chaîne de valeur) d’une entreprise qui les utilise pour le fret.
À noter que l’Agence de la transition écologique (Ademe), pour les bilans de gaz à effet de serre, classe les émissions directes en cinq catégories liées au type d’émetteur : sources fixes de combustion, sources mobiles de combustion, procédés hors énergies, émissions fugitives et biomasse (sols et forêts). Cette dernière sera souvent utilisée par l’agriculture et les collectivités territoriales, par exemple.
Le scope 2 : émissions indirectes énergies
Une organisation va comptabiliser dans son scope 2 les émissions liées à la production des énergies qu’elle utilise : électricité, vapeur, chaleur, froid et air comprimé. Ces émissions indirectes dépendent donc grandement de la source d’énergie primaire (pétrole, gaz, charbon, biomasse, éolien, solaire…) utilisée pour les produire. L’Ademe propose de distinguer les consommations d'électricité des autres.
Le scope 3 : émissions indirectes dans la chaîne de valeur
C’est la famille d’émissions la plus difficile à appréhender, d’autant qu’elle recouvre 15 catégories dans lesquelles on retrouve toutes les émissions directes mais aussi indirectes des différentes parties prenantes - fournisseurs, prestataires, clients - de l'organisation, sur sa chaîne de valeur en amont et en aval de son activité.
En amont dans la chaîne de valeur d’une organisation, on retrouve principalement les émissions de ses fournisseurs (et de leur propre chaîne amont). Le GHG Protocol répertorie huit catégories amont, et y inclut le traitement des déchets :
- Achats de produits et services (par exemple les émissions émises lors de la fabrication de l’acier, du verre, de l’aluminium utilisés)
- Immobilisation
- Transports de marchandises et distribution (carburant consommé par les camions, avions, bateaux…)
- Amont énergie
- Déchets de l’organisation
- Actifs loués en amont
- Déplacements professionnels
- Déplacements domicile-travail
En aval dans la chaîne de valeur, les émissions liées à l’usage des produits et services et à leur fin de vie sont regroupés en sept catégories :
- Transport des marchandises et services
- Utilisation des produits vendus (par exemple le carburant consommé par les voitures, pour un constructeur ou un pétrolier…)
- Transformation des produits vendus
- Fin de vie des produits vendus
- Investissements
- Actifs loués en aval
- Franchises
En France, l’étude et la publication des émissions du scope 3 ne figurent pas obligatoirement dans le bilan de gaz à effet de serre (Beges) que les entreprises de plus de 500 salariés doivent publier tous les quatre ans. Mais elles sont devenues indispensables pour définir une stratégie de neutralité carbone crédible. Travailler sur son scope 1 et 2 ne suffit plus à satisfaire les actionnaires, les banques et fonds d'investissement, ni même les clients qui cherchent à justifier de leurs propres efforts de réduction d'émissions.



