ArcelorMittal n’est pas près de produire de l’acier neutre en carbone. Son PDG, Aditya Mittal, est le premier à le reconnaître. "Nous avons un long voyage devant nous, mais l’annonce d’aujourd’hui nous permet de faire un pas dans la bonne direction". Le 17 mars, le groupe sidérurgique a en effet annoncé le lancement d’une marque ombrelle, XCarb, pour toutes ses initiatives liées à l’acier vert. Il a dévoilé les trois premières.
Certificats acier vert
Le géant sidérurgique lance d’abord ses premiers certificats d’acier vert "XCarb". Ils permettent à ses clients, acheteurs de produit plats en Europe, de réduire les émissions de leur scope 3 (en amont et en aval de leur production), en bénéficiant des réductions de CO2 qu’ArcelorMittal réalise dans des projets de production bas carbone. Le groupe a notamment investi dans la transformation de la biomasse en bio-charbon pour remplacer l'utilisation du charbon à coke dans le haut-fourneau (projet Torero) et la capture des gaz résiduels du haut-fourneau, riches en carbone, et leur conversion en bio-éthanol (Carbalyst).
Il teste aussi, en France notamment, la capture des gaz résiduels riches en hydrogène du processus de fabrication de l'acier et leur injection dans le haut-fourneau pour réduire l'utilisation du charbon. Avec les projets actuels, l'entreprise prévoit de disposer de 600 000 tonnes d'acier vert équivalent d'ici à la fin de 2022. Et "tous les sites du groupe pourront produire ce type de certificats", a affirmé Geert Van Poelvoorde, le nouveau PDG d’ArcelorMittal Europe.
Acier recyclé bas carbone et fonds d'innovation
ArcelorMittal a également annoncé une gamme d’acier recyclé et produit de manière renouvelable, c’est-à-dire avec de la ferraille, des fours à arc électrique et de l’électricité d’origine renouvelable. Cela permet de réduire le bilan carbone à la tonne d'acier produite à "environ 300 kg de CO2 par tonne d'acier fini lorsque les métaux sont composés à 100 % de ferraille", indique un communiqué, contre 1,8 tonne de CO2 par tonne d’acier brut à base de minerai de fer et de charbon métallurgique.
Enfin, le groupe crée un fonds innovation acier vert doté de 100 millions de dollars par an "pour commencer", a précisé Aditya Mittal. Il a vocation à investir dans les entreprises innovantes dans la transition énergétique de la sidérurgie et la production d’acier neutre en carbone. Il y a urgence car, comme l’indique le PDG du groupe lui-même, "des usines pilotes à l'échelle industrielle devraient commencer à produire l'année prochaine ". Et la concurrence s’active. En Suède, un consortium travaille à l’utilisation de fer-éponge. Et Liberty Steel annonce déjà la construction à Dunkerque d’une usine d’acier vert produit par réduction directe à base d’hydrogène. Du moins si le projet n'est pas affecté par ses difficultés actuelles.



