Pas de catastrophe sur le front de l’emploi, pour les cadres, mais ils ont dû se contenter de hausses de salaires modestes, en 2021: +2% en moyenne, contre 2,3% en 2020 et 2,4% en 2019, indique le baromètre des salaires des cadres publié par Expectra mardi 14 septembre. Soit l'équivalent de l'inflation, de 1,9% entre août 2020 et août 2021, selon les données publiées mercredi 15 septembre par l’Insee. Mais la crise a fait grimper les rémunérations de quelques profils rares et recherchés.
C’est dans le transport et la logistique que les salaires des cadres ont le plus augmenté, de 3,9%, portés par l’essor de l’e-commerce pendant les confinements. Autre secteur gagnant: la banque et l’assurance, avec une hausse de 3,6%, en raison des tensions préexistantes mais accrues, sur les postes d’expertise comptable et d’analyse de risques.
En troisième place, le secteur des biens d’équipement (+2,6%), les Français ayant choisi d'équiper leurs maisons, suivi de l’agroalimentaire (+2,3%). Grands perdants, les cadres des biens de consommation, dont le salaire n’a progressé que de 0,1%.
Boom des salaires des RH
Les effets de la crise se ressentent également du côté des fonctions cadres qui ont le plus bénéficié des hausses de salaire. Le plus recherché, l’ingénieur logistique, a vu son salaire grimper de 8,3% en moyenne en 2021. Plus inattendu, le salaire des responsables des ressources humaines a également bénéficié du rôle central occupé par ces professionnels durant la crise.
Avec +7,5% (+3,3% en 2020), il est celui qui connaît la deuxième plus forte progression. Le gestionnaire RH le suit de près, avec une hausse de 6,8%. Entre les deux, le toujours très recherché ingénieur qualité, voit son salaire bondir de 6,9%.
42% ne s'estiment pas assez payés
Interrogés par l’IFOP, les cadres sont à 58% satisfaits de leur rémunération. Surtout, dans l’ordre, les cadres des services RH, de la filière ingénierie et industries, et de l’informatique et des télécoms. Des professionnels qui, pour quasiment la moitié d’entre eux, ont été augmentés en 2021.
Les 42% qui ne s’estiment pas suffisamment payés (les femmes, les Franciliens, les professionnels du marketing…) souhaitent une augmentation de 18% en moyenne. « Un niveau d'attente élevé qui, pour être satisfait, devrait amener les cadres à sortir de leur zone de confort et à envisager une mobilité », conclut l’étude d’Expectra. Une alerte pour les employeurs, à l'heure d'une guerre des talents qui bat son plein en cette période de reprise.



