L’annonce est stratégique. Alors que General Electric a annoncé début septembre 2020 753 nouvelles suppressions de postes dans ses activités énergie, dont 135 dans l’hydraulique et 618 dans le grid (réseau) en France, Jérôme Pécresse, le patron de la filiale énergies renouvelables du groupe américain, a annoncé à Saint-Nazaire, le 15 septembre, 400 nouveaux emplois en 2021 dans l’éolien en mer en France. Cela porterait les effectifs du groupe dans le secteur à 1 400 contre 1 000 aujourd'hui.
Sur ces 400 nouveaux postes à créer, une centaine le serait à l’usine de nacelles d’éoliennes en mer de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Le site vient de sortir la première des 80 nacelles d’éolienne Haliade 150 de 6MW du futur parc éolien en mer d’EDF de Saint-Nazaire, qui doit entrer en service mi-2022. Il emploie pour l’heure 350 personnes. Mais seules 112 sont en CDI. Les autres sont en CDD (40) ou en intérim.
Une centaine d'emplois à Saint-Nazaire

- 1.3208+5.34
10 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
- 2.3139+3.59
10 Avril 2026
Gazole France TTC€/litre
- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
La centaine d’emplois supplémentaires annoncée par Jérôme Pécresse n’est pas pour toute de suite, mais pour fin 2021. Ils sont prévus pour accompagner une nouvelle production sur le site, une fois que celle qui est destinée au parc EDF sera achevée. Si tout va bien, mi 2021. GE a annoncé en avril 2019 renoncer à produire les éoliennes en mer des deux autres parcs développés par EDF, suite à un appel d’offres de 2012, au large de Courseulles-sur-Mer (Calvados) et de Fécamp (Seine-Maritime).
Il veut en effet libérer le site pour y produire ses nouvelles éoliennes géantes, les Haliade-X, d’une puissance de 12 MW, destinées aux marchés européens et américains. Si la France a été choisie pour cette production, c’est parce qu’en attendant que la France solde les recours administratifs et lance enfin les chantiers de ses parcs éoliens offshore, l’usine de Saint-Nazaire était inoccupée.
250 à Cherbourg
Une usine construite initialement par Alstom en 2013 et inaugurée fin 2014, juste avant le rachat des activités énergie d’Alstom par General Electric en 2015. À défaut des commandes françaises escomptées, l’usine de Saint-Nazaire a produit 60 nacelles d’éoliennes pour le projet allemand Mercure. De quoi occuper les salariés jusqu’en 2018. Et comme rien ne venait, c’est à Saint-Nazaire qu’ont été construits les deux premiers prototypes de l’Haliade-X. Et que seront produits les autres. C’est pour cette production que GE Renewable Energy compte embaucher une centaine de nouveaux collaborateurs, probablement en majorité des intérimaires ou en CDD. En cas de baisse de charge, GE ne veut pas se retrouver à devoir licencier, comme dans ses activités turbine ou réseau.
50 à Nantes
Sur les 300 autres emplois nouveaux annoncés, Jérôme Pécresse a été peu précis. En juin 2020, GE avait déjà annoncé l’embauche de 250 personnes dans la nouvelle usine de pales d’éolienne géante de Cherbourg (Manche), destinée aux Haliade-X et inaugurée par LMWind Power, filiale de GE, le 6 novembre 2019. Cela porterait les effectifs à 550 personnes, comme annoncé initialement. La cinquantaine restante irait renforcer les équipes du bureau d’ingénierie de Nantes (Loire-Atlantique).
Car le carnet de commandes pour les Haliade-X se remplit. GE doit fournir deux des trois tranches du parc géant Dogger Bank de 3600 MW, d’Equinor, en mer du Nord. Il a aussi été retenu pour un projet d’Orsted de 1GW aux États-Unis.
Difficilement accessibles à l'interne
Ces 400 nouveaux emplois sont-ils ouverts aux salariés GE de l‘hydro et de grid, dont les postes vont être supprimés ? Théoriquement, oui, selon Jérôme Pécresse. Mais ce dernier observe que par le passé peu de salariés d’autres divisions ont rejoint les équipes renouvelables à Nantes ou Saint-Nazaire, "sauf quelques membres de l’encadrement", observe-t-il. La situation dans le groupe est néanmoins très différente aujourd'hui.



