Les années et les plans de restructuration se suivent chez General Electric. En particulier pour sa division réseaux électriques (Grid solutions). Un peu plus d’un an après l’annonce d’un précédent plan, un projet de transformation a été présenté le 9 septembre par la direction au comité d’entreprise européen du groupe américain. La division Grid est la plus touchée. Sur les 753 postes supprimés en France,
618 concernent cette branche d’activité à Villeurbanne, Saint-Priest (Métropole de Lyon), Aix-les-Bains (Savoie), et Montpellier (Hérault).
Désengagement partiel ou délocalisation ?
En juin 2019, le groupe avait divulgué une première réorganisation de Grid Solutions. Ce plan prévoyait de regrouper toutes les activités de production à Aix-les-Bains, de recherche-développement, d’ingénierie et de services à Villeurbanne, et la fermeture de l’unité de Saint-Priest. Une centaine de postes sur 240 liés à la production de disjoncteurs haute tension étaient sur la sellette à Villeurbanne, creuset de cette production depuis une centaine d’années. Suspendu une première fois à cause du confinement, ce plan a été définitivement arrêté.
Le projet de transformation présenté le 9 septembre corrobore les orientations stratégiques des activités Grid, qui seront discutées lors d’un comité d’entreprise mardi 15 septembre. Si celles-ci étaient mises en œuvre, elles se traduiraient par une diminution du budget recherche-développement, par une réduction des effectifs des fonctions support et des sites de production en Europe en densifiant ceux existant, par la délocalisation de certaines fabrications en Chine et d’une partie de l’ingénierie en Inde. Des orientations combattues par la CGT : "On estime que notre activité est viable et qu’elle souffre d’un manque d’investissements", indique Serge Paolozzi, délégué syndical central CGT.
Les équipements pour barrages touchés aussi
Autre division visée par le nouveau plan de transformation : la division d’équipements pour barrages (hydro) située à Belfort (Territoire de Belfort) et Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). 135 postes seraient supprimés dont 89 dans le Territoire de Belfort. Maire de Belfort, Daniel Meslot (LR) cité par l’AFP dénonce un "manque à la parole donnée et une menace pour le savoir-faire industriel et belfortain".
"Il y a des difficultés et ça peut amener certaines décisions, mais certainement pas des décisions d'aubaine. Et il faut que les choses soient claires" entre l'industriel et le gouvernement français, a estimé pour sa part le ministre de l'Economie Bruno Le Maire devant des sénateurs le 10 septembre.
General Electric n’a pas précisé si le projet de transformation de ces deux divisions était la traduction d’un désengagement partiel de ces activités ou s’accompagnerait de leur relocalisation. Ce plan masque aussi une autre restructuration plus diffuse des services informatiques éclatés dans les différents établissements de GE en France. 100 de ces 150 emplois regroupés dans GE IS&T sont en cours de suppression.



