Projet Bright, charbon, nucléaire, gaz… L’avenir d’Engie selon Catherine MacGregor

Lors d’une audition à la Commission des affaires économiques du Sénat le 3 mars, la nouvelle directrice générale d’Engie, Catherine MacGregor, a levé un pan du voile sur son plan stratégique pour Engie, qu'elle présentera en mai.

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Catherine MacGregor audition senat 3 mars 2021
Catherine MacGregor, DG d'Engie, a annoncé aux sénateurs le 3 mars la création le 1er juillet 2021 d'une entité multi-services, "Bright", qui emploiera 74 000 personnes dans le monde.

Après les analystes financiers, les sénateurs… Pour ses premières prises de parole publiques, la nouvelle directrice générale d’Engie, Catherine MacGregor, qui a pris ses fonctions le 1er janvier 2021, cherche à rassurer les deux publics cibles pour le groupe énergétique, les financiers et les territoires. Et ils n’ont pas été déçus. Devant les premiers, Catherine MacGregor a acté la sortie d’Engie de la production nucléaire en 2025 puis du charbon d’ici à 2027, si possible par la conversion à la biomasse et au gaz, sinon par cession d'actif. Sur les 7 tranches nucléaires qu’opère Engie en Belgique, 5 doivent être arrêtées à partir de 2022, et Engie a décidé d’arrêter les travaux de préparation pour la prolongation de deux tranches, faute d’une demande claire du gouvernement belge, sachant que le pays a voté la sortie du nucléaire pour 2025.

Recentrage sur deux piliers

Au Sénat, elle a précisé le recentrage du groupe sur deux piliers, les renouvelables et les infrastructures, et non plus trois comme annoncé par le président Jean-Pierre Clamadieu. En sortant du charbon et du nucléaire, son troisième pilier, l’activité de production thermique d’électricité perd, de fait, son importance dans le groupe et ses priorités. Catherine MacGregor a aussi très clairement expliqué le projet "Bright" de scission des activités de services non énergétiques, annoncée en 2020 dans le cadre d’une simplification du groupe décidée par le conseil d’administration.

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Ce projet vise à "mettre à distance" les activités comme "l’électrification des trains ou la gestion des chaînes de froid", dans une entité "de 74 000 personnes dans le monde dont 28 000 en France, présente dans 10 à 15 pays et qui sera leader en Belgique et numéro deux en France" sur son secteur, a précisé la directrice générale qui espère "une création juridique au 1er juillet 2021". L’idée est de "valoriser ces activités" dans "une organisation plus adaptée", avec une "gouvernance autonome et adaptée à ces métiers". Le mode d’évolution du capital de cette entité, lui, n’est pas encore fixé.

Le gaz, en attendant le biogaz

La nouvelle directrice générale a aussi rappelé la logique de cession d’actifs, décidée par le conseil d’administration en 2020, pour financer le développement des deux nouveaux piliers du groupe. Mais aux insistantes questions des sénateurs sur l’avenir d’Endel et de GTT, la dirigeante n’a pu que leur répondre qu’aucun calendrier n’était encore établi.

Concernant le gaz, Catherine MacGregor reste, pour l’instant, sur la position historique du groupe de défendre le gaz naturel comme un complément de l’électrification en marche, en soutenant le développement du biogaz. Interrogée sur le projet polémique de gazoduc entre la Russie et l’Allemagne Nord Stream 2, dans lequel Engie a investi, et la compatibilité avec son engagement dans la transition énergétique, elle a déclaré "nous pensons que la diversification des approvisionnements est importante pour l’Europe".  Elle a aussi rappelé que si "en France nous sommes en avance" en matière de transition énergétique et de réduction du gaz, qu’Engie pense pouvoir verdir, "les enjeux sont différents pour chaque pays".

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