Dur début pour la nouvelle directrice générale d’Engie Catherine MacGregor. Alors qu’elle n’en est en rien responsable, elle a dû commenter, le 26 février, les résultats 2020 d’Engie, qui ne sont pas bons. Le groupe a pâti à la fois de la chute de prix de l’énergie, gaz et électricité due à la pandémie, d’un recul de ses activités de services, d'une baisse du réal brésilien, et d’une chute de la demande de gaz, en France notamment, à cause d’une météo trop clémente.
Résultat, le chiffre d’affaires a baissé de 7% à 55,8 milliards d’euros contre 60,1 milliards en 2019. Le groupe affiche une perte nette de 1,5 milliard d’euros, notamment due à une dépréciation d’actif de 2,9 milliards d’euros sur ses actifs nucléaires belges, que la vente des 30 % de Suez à Veolia, pour 3,4 milliards d’euros, n’a pas compensée. Elle aura néanmoins eu un impact positif sur la dette, ramenée à 22,5 milliards d'euros contre 25,9 en 2019.
Engie décide pour la Belgique
Suite à l’acquisition de l’électricien belge Electrabel en 1998 par Suez, qui fusionne avec GDF en 2008, Engie opère sept réacteurs nucléaires mis en service entre 1975 et 1985 dans les centrales de Tihange et Doel. La Belgique, qui a voté la sortie du nucléaire en 2025, n’a pas préparé de solutions pour les remplacer. Elle a demandé à Engie d’étudier la prolongation de vingt ans de deux réacteurs, mais sans vraiment le décider, ni faire voter une loi le permettant. Las d’attendre, Engie a décidé unilatéralement d’arrêter les travaux préparatoires de ces prolongations et, anticipant sur la perte de revenu, de passer pour 2,9 milliards d'euros de dépréciations d’actifs sur les comptes de 2020. Ce n’est pas la fin de l’histoire nucléaire pour l'énergéticien français. Engie doit toujours provisionner les charges pour le démantèlement et le stockage des déchets et va devoir préparer leur arrêt définitif. Et Engie va se trouver en compétition pour construire de nouvelles capacités de production renouvelables et surtout gaz dont la Belgique va avoir besoin.

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Plan stratégique en mai
Pour donner une touche positive à ces résultats, Catherine MacGregor a annoncé qu’Engie allait s’engager à sortir définitivement du charbon en 2025 en Europe et 2027 dans le reste du monde. Mais sans donner de précision sur comment le groupe allait s’y prendre, hormis en cherchant des sources d’énergies de substitution comme la biomasse. Mais pour les centrales construites récemment au Maroc et au Chili, cela devra sûrement passer par de nouvelles cessions d’actifs. "La priorité, c’est la conversion, puis la fermeture et, s’il n’y a pas d’autres solutions, la vente", a déclaré Catherine MacGregor. La dirigeante a aussi précisé un peu le calendrier pour la scission des activités de service. La consultation des instances du personnel a commencé début 2021 ainsi qu’une étude plus fine des actifs concernés. Le projet devrait entrer dans une nouvelle phase dans la deuxième moitié de 2021.
Pour connaître les détails du nouveau plan stratégique d’Engie pour les quatre ans à venir et notamment ses objectifs en terme de renouvelables, sur lesquels se battent les géants de d’énergie, il faudra attendre le 18 mai. On sait juste qu'Engie dispose de 31 GW de capacités renouvelables dans le monde et revendique une première place en France. Et que Catherine MacGregor est bien consciente que le "mouvement d'électrification est là pour durer".



