En un siècle et demi, l’usineur ardéchois Suchier a su rebondir du textile au ferroviaire, au médical, à la défense ou l’aéronautique… Spécialisée dans l’usinage en petites et en moyennes séries de pièces très techniques et complexes, notamment de nombreuses pièces en titane et en carbone pour l’aéronautique en tant que sous-traitant de rang 1 ou 2, et pour le sport automobile, avec des disques de frein utilisés par les écuries de pointe engagées en Formule 1, la PME mise aujourd’hui sur le nucléaire pour franchir une nouvelle étape dans son développement.
«Tout comme l’ont fait ceux qui m’ont précédé à la tête de l’entreprise fondée par mon trisaïeul en 1870 pour fournir des pièces de rechange aux entreprises de textile locales, je me dois d’explorer de nouvelles possibilités, de me positionner sur des marchés porteurs, explique Matthieu Prudhon, le PDG, ingénieur Ecam de formation. Nous sommes implantés à quelques dizaines de kilomètres seulement des centrales nucléaires du Tricastin et de Cruas, dont les équipements vont faire l’objet d’importants travaux de remise à niveau, dans le cadre du grand carénage. Nous voulons profiter de ces chantiers et, au-delà, du nouvel engouement pour le nucléaire pour continuer à aller de l’avant.»
Poursuivant sa logique, l’entreprise de 70 salariés et 8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022, membre du Gifas, vient de rejoindre le pôle de compétitivité Nuclear Valley, destiné à favoriser l’émergence de solutions innovantes et compétitives pour la filière nucléaire civile et défense en régions. Et comme elle le fait de manière récurrente, la PME vient de lancer une nouvelle salve d’investissements, entre 1 et 1,5 million d’euros, pour que son outil de production, à Chomérac, petite commune située à quelques kilomètres de Privas, demeure à la pointe.



