[Territoires & Industrie] Comment Drôme et Ardèche ressuscitent leur industrie

L'Usine Nouvelle et la Gazette des communes organisent "Territoires & industrie", un tour de France des solutions pour réindustrialiser. Première étape le 26 avril à Valence, dans la Drôme. Une région plus industrielle que son image ne le laisse penser. Drôme et Ardèche s’appuient sur leurs industries historiques pour se réindustrialiser, en misant sur l’innovation et sur la conquête de nouveaux marchés.

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Chamatex produit des chaussures de sport à Ardoix (Ardèche) dans une usine ultra-moderne.

Bordés à l’est par les premiers contreforts alpins et à l’ouest par ceux du Massif central, la Drôme et l’Ardèche font partie de ces départements dont l’image ne correspond pas forcément à la réalité. Pour beaucoup, ce territoire au milieu duquel serpentent le Rhône et l’autoroute du soleil, est avant tout un coin de villégiature, où il est agréable de séjourner l’été venu. Si la qualité de vie fait effectivement partie intégrante du paysage, Drôme et Ardèche sont également des territoires où il fait bon entreprendre et travailler, des territoires que l’on peut qualifier de "laborieux" au sens noble du terme.

En tête des départements français où l’agriculture bio est la plus représentée, Drôme et Ardèche proposent également un terreau fertile pour le développement du tissu industriel. Tous secteurs d’activité et toutes tailles confondus, quelque 4730 établissements industriels étaient recensés en Drôme en 2021 et près de 2800 en Ardèche. Corollaire : les taux d’emplois industriels en Drôme (17,6% de la population active) et plus encore en Ardèche (30%) sont supérieurs à celui de région, de l’ordre de 14,8%.

Le rebond du bassin de Romans

Une des explications de cette forte présence industrielle : ce segment de la vallée du Rhône héberge deux centrales nucléaires (l’une à Cruas, en Ardèche, l’autre à Pierrelatte, dans la Drôme) et, surtout, tout le complexe nécessaire à l’enrichissement et au conditionnement de l’uranium, sur les sites du Tricastin et de Romans.

La capacité des entreprises du territoire à se régénérer, à se projeter tout en restant fidèles à leur berceau natal en est une autre raison. En misant sur le développement de la plasturgie, de l’agroalimentaire et du luxe, le bassin romanais a ainsi su parfaitement rebondir après la désastreuse faillite de la chaussure. Des industries comme Saint Jean, Délifrance, Courbis ou bien encore Exsto tiennent désormais le haut du pavé.

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La relance du textile

Idem en Ardèche, où l’industrie textile que l’on croyait vouée à disparaître sous les effets de la mondialisation est parvenue à recouvrer un second souffle en misant sur l’innovation. Terminée l’activité historique que constituait le moulinage de la soie et place désormais à la production de fibres et de textiles qualifiés "d’intelligents", en regard des fonctionnalités différenciantes et de la plus-value qu’ils apportent. Des groupes comme Payen (spécialisé dans les fibres élastiques), Chomarat (fibres composites) ou Chamatex, à qui l’on doit la réimplantation en plein cœur de l’Ardèche d’une usine de production de chaussures de sports (ASF 4.0) en sont les parfaits exemples.

La réussite de groupes tels que l’ardéchois Precia, leader mondial des solutions de pesage, ou du drômois Revol Porcelaine, qui depuis plus de 250 ans excelle dans le domaine des arts de la table avec des collections sans cesse renouvelées, est également emblématique d’un territoire où la culture industrielle est largement aussi présente que celle de la lavande.

Retrouvez le programme de la soirée "Territoires & Industrie" du 26 avril à Valence et inscrivez-vous gratuitement ici avec le code "INVITUN"

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