Privé du lanceur russe Soyouz, OneWeb se rabat sur SpaceX pour le lancement de ses satellites

L’entreprise britannique OneWeb a annoncé lundi 21 mars s’allier avec SpaceX pour le décollage de ses satellites de télécommunications, après l’arrêt de sa collaboration avec l’agence spatiale russe en raison de la guerre en Ukraine. La société américaine est pourtant un concurrent direct, mais les alternatives européennes étaient indisponibles ou trop lointaines.

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premier lancement oneweb
OneWeb se devait de trouver un autre partenaire, mais n’avait que peu d’options : les fusées européennes Arianespace, Ariane 5 et Vega avaient déjà un carnet commande rempli et étaient de plus en fin de vie.

Face à la guerre, OneWeb et SpaceX font la paix. Le premier a annoncé lundi 21 mars par communiqué avoir trouvé un accord avec le second pour le lancement de ses satellites de télécommunications. Le premier décollage avec SpaceX aura lieu dès 2022 et viendra compléter la constellation de satellites de OneWeb, qui aligne déjà 428 appareils en orbite et devrait en compter 650 à terme. «Avec ces plans de lancement, nous sommes sur la bonne voie pour terminer la construction de notre flotte complète de satellites et fournir une connectivité robuste, rapide et sécurisée dans le monde entier», a déclaré le PDG de OneWeb, Neil Masterson.

La compagnie britannique se reposait jusqu’ici sur le lanceur Soyouz de la Russie, mais la guerre en Ukraine a rebattu toutes les cartes.

Chantage de Roscosmos

Roscosmos (la NASA russe) avait exigé dès le 2 mars que le gouvernement britannique se désengage entièrement de OneWeb, dont il avait acquis 18% des parts afin de pallier la sortie du Royaume-Uni des programmes spatiaux européens, suite au Brexit. Moscou craignait en particulier que Londres ne se serve de cette constellation à des fins d’espionnage. 

Le Royaume-Uni ayant refusé, OneWeb avait ensuite annoncé l’arrêt de ses lancements depuis Baïkonour (Kazakhstan). Dès le 26 février, toute collaboration avait également cessé entre Roscosmos et le centre spatial de Kourou, en Guyane, alors même qu’une fusée Soyouz avait expédié ce mois-là 34 satellites OneWeb en orbite. Sur toute l’année 2021, 284 satellites OneWeb ont été envoyés dans l’espace par des fusées Soyouz.

Deux concurrents mais deux offres relativement distinctes

OneWeb se devait donc de trouver un autre partenaire, mais n’avait que peu d’options : les fusées européennes Arianespace, Ariane 5 et Vega avaient déjà un carnet commande rempli et étaient de plus en fin de vie. Quant à la relève, elle n’est pas encore prête puisque Ariane 6 et Vega C doivent effectuer leur premier vol en fin d’année 2022. 

C’est donc vers son concurrent américain et sa fusée Falcon 9 que OneWeb s’est tourné. Une décision peut-être moins surprenante qu’il n’y paraît, puisque les deux constellations n’opèrent pas au même niveau - entre 210 et 550 km d’altitude pour Starlink, 1 200 km pour OneWeb - et n’occupent pas tout à fait le même créneau. Là où la constellation de SpaceX doit relier les particuliers, OneWeb s'adresse plutôt aux entreprises, en visant par exemple les opérateurs télécom. Il reste maintenant à savoir quelle solution OneWeb a trouvé concernant les moteurs de ses satellites, qui étaient fournis par le russe Fakel et dont l’acheminement pourrait être entravé par les sanctions contre Moscou.

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