Petit à petit, OneWeb fait son nid… dans l’espace. Arianespace, partenaire de l’opérateur britannique, a annoncé dimanche 22 août, le lancement de 34 nouveaux satellites de communication depuis le cosmodrome russe de Baïkonour (Kazakhstan). Un tir qui porte à 288 le nombre de satellites envoyés dans l’espace en orbite basse (1200 km) pour une constellation qui devrait en comprendre au total 648 courant 2022, soit près de 45% de l’objectif. Le tir effectué via une fusée Soyouz a eu lieu à la veille, à 22h13 (GMT).
A la clé : offrir un accès internet haut débit et avec un faible délai de latence, en particulier dans les zones les plus isolées. «OneWeb maintient son objectif pour fournir un service mondial en 2022 et observe une demande croissante de la part des fournisseurs de télécommunications, des fournisseurs d’accès internet et des gouvernements du monde entier pour offrir ses services de connectivité à faible latence et haut débit dans les endroits les plus difficiles d'accès», a précisé l’opérateur dans un communiqué.
Une commercialisation imminente
La société créée par Greg Wyler en 2012, sous le nom WorldVu, pourrait réaliser son objectif l’année marquant son 10e anniversaire. Le pari n'était pourtant pas gagné d'avance, malgré l'appui d'un acteur de choix comme Airbus pour la production des premiers satellites. Arianespace, qui effectuait ce week-end son neuvième lancement pour le compte de OneWeb, doit encore assurer 10 lancements pour achever le déploiement de la constellation de satellites. Alors que la commercialisation des premiers services devrait intervenir d’ici la fin de l’année, OneWeb vise, outre les besoins issus des Etats et des entreprises, des secteurs cibles tels que l’aviation et le maritime.

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Dorénavant proche de la moitié de son objectif, OneWeb revient pourtant de loin. Déclaré en faillite en mars 2020, l’opérateur britannique doit sa survie à un tandem venu à sa rescousse, en lieu et place du japonais Softbank qui n’était plus capable de financer seul le projet : l’entreprise indienne Bharti associée au gouvernement britannique, aux manettes depuis l’été 2020. Bharti est majoritaire avec 38,6% des parts au sein du consortium, le gouvernement britannique, Softbank et l’opérateur français de satellites Eutelsat possédant chacun 19,3% des parts.
Chacun cherche un peu d'espace
Désormais, le projet semble insubmersible. Alors que Bharti a annoncé le 29 juin dernier vouloir injecter de nouveau 500 millions de dollars (426 millions d’euros) dans la constellation, l’investissement depuis le sauvetage s’élève à 2,4 milliards de dollars (2 milliards d’euros). De quoi donner une assise solide à un projet certes en bonne voie d’achèvement mais qui va devoir affronter très vite une concurrence féroce.
En embuscade, plusieurs constellations espèrent bien elles aussi se faire une place dans ce marché de la connectivité par satellite. C’est le cas d’Elon Musk, le patron de SpaceX, avec la constellation Starlink dont quelque 1740 satellites ont déjà été déployés. Autre milliardaire ambitieux qui ne compte pas regarder passer les satellites sans réagir : Jeff Bezos, le patron d’Amazon, avec sa constellation Kuiper. La course aux constellations poussée par les besoins croissants en connectivité bat son plein. OneWeb a d’ailleurs obtenu en 2020 l’autorisation de lancer 1280 autres satellites pour renforcer son offre commerciale…



