Chronique

Pourquoi Air France achète des avions et repart à l’offensive

Histoires économiques, la chronique d'Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle, avec France Inter.

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Air France-KLM A350
Air France-KLM A350

Alors qu’Air France fête ses 90 ans en 2023, sa maison-mère, le groupe Air France-KLM, vient d’annoncer coup sur coup deux bonnes nouvelles. La première : une commande d’avions record, 50 Airbus A350, plus une option pour 40 autres. Le plus gros contrat de l'histoire de l'entreprise. Deuxième bonne nouvelle : il monte au capital de SAS. Avec près de 20% du capital de la compagnie scandinave, le groupe en sera l’un des plus gros actionnaires.

Pourquoi acheter de nouveaux avions maintenant ? Ils permettront de réaliser des économies, réduire l’empreinte carbone et répondre à la demande croissante. Par rapport aux avions actuels, l’A350 permet de réduire la facture de carburant de 20 à 25%. Au moment où les prix du pétrole sont élevés, c’est utile. Cela va aussi aider à atteindre l’objectif de la compagnie de réduire ses émissions de CO2 de 30% par passager kilomètre d’ici à 2030. C’est pour cela qu’elle renouvelle à marche forcée ses avions. Jamais en 90 ans Air France n’a reçu autant d'appareils aussi vite, plus d’un avion neuf chaque mois.

Ces appareils permettent aussi de s'adapter à la donne internationale du moment. Aujourd’hui il faut plus de temps pour aller en Chine, en Corée du Sud ou au Japon par exemple parce qu’il faut contourner la Russie. Cela tombe bien : l’A350 est très intéressant, selon Ben Smith, patron d’Air France KLM, pour les vols de plus de 10 heures. Il a aussi le gros avantage, contrairement à son concurrent Boeing, qui cumule problèmes et retards, d’être disponible tout de suite. En tout cas, Air France-KLM va devenir le plus gros opérateur au monde de l’A350. Un symbole : jusque-là, l’essentiel de la flotte long-courrier du Groupe était composée d’avions Boeing. 

Offensive dans les pays nordiques

Avec la crise du Covid notamment, la compagnie a frôlé la faillite à plusieurs reprises ces dernières années. L'Etat a mis la main à la poche. Grâce à des réductions d’effectifs, à une reprise impressionnante du trafic, à une hausse des tarifs, ça va mieux. Selon Air France la prise de participation dans SAS va renforcer sa position dans les pays nordiques, une zone où le trafic aérien est très dynamique. C’est un joli pied de nez aussi à l'allemand Lufthansa, dont SAS était un partenaire historique. De quoi permettre à Air France KLM de reprendre des couleurs !

Retrouvez cette chronique, et les précédentes, sur le site de France Inter

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