Le nucléaire occidental est au pied du mur. Si à la COP 28, une vingtaine de pays, dont les États-Unis, le Canada, la France et les Émirats arabes unis ont appelé à tripler les capacités nucléaires mondiales pour décarboner la production d’électricité, ce n’est pas eux qui tirent le jeu. Fin 2024, 63 réacteurs nucléaires (71 GW) étaient en construction, dont les trois quarts dans les économies émergentes, par la Russie, et la moitié en Chine. Ces projets connaissent de nombreux retards et surcoûts, qui rendent frileux les investisseurs qui préfèrent investir dans les énergies renouvelables.
Les investissements dans le nucléaire étaient de 65 milliards de dollars en 2023, soit près du double du niveau d’il y a dix ans, contre 480 milliards dans le solaire. La part du nucléaire dans le mix électrique mondial a ainsi chuté à 9% avec 410 réacteurs en service dans 30 pays.
Ramener les coûts à ceux de l'éolien
Fatih Birol, le directeur général de l’AIE annonce «un niveau record de production électronucléaire dans le monde en 2025». Malgré tout, on est loin d’une relance massive de l'atome qui amènerait à un triplement des capacités installées. D’autant que les grands réacteurs sont de plus en plus difficiles à construire et à financer. Le nombre limité de fournisseurs de grands réacteurs pourrait aussi entraver le développement du secteur.
En revanche, «les SMR offrent un potentiel de croissance intéressant et pourraient conduire à une baisse des coûts de financement, les rendant plus attractifs pour les investisseurs commerciaux», estime l’AIE. La durée de retour sur investissement pourrait être la moitié des 20 à 30 ans des projets conventionnels. Les investisseurs prévoient jusqu’à 25 GW de capacités SMR, principalement pour alimenter des centres de données. Avec un soutien adéquat, les installations SMR pourraient même atteindre 80 GW d'ici à 2040, ce qui représenterait 10% de la capacité nucléaire globale dans le monde.
Mais il y a plusieurs conditions. Les industriels devront être capables de ramener les coûts d'ici à 2040 à un niveau similaire à ceux des projets hydroélectriques et éoliens offshore à grande échelle, explique l’AIE. De leur côté, les gouvernements doivent établir une stratégie et des cadres réglementaires stables, pour rassurer les investisseurs privés.



