Le prix des billets d’avion, déjà élevé en raison de la flambée du prix du kérosène, ne redescendra pas de sitôt. Invité sur RMC lundi 7 août, le ministre délégué aux Transports Clément Beaune a indiqué souhaiter renforcer «dans le budget pour 2024» la taxe sur les billets d’avion pour «financer les investissements dans le train». «Beaucoup de gens […] sont choqués par le fait que souvent c’est moins cher de prendre l’avion que le train», a-t-il justifié. Greenpeace avait publié une étude fin juillet indiquant que pour un même trajet, le train était en moyenne 2,6 fois plus cher que l'avion en France.
La taxe de solidarité sur les billets d’avion dite «taxe Chirac» instaurée en 2005 et dont les sommes dégagées sont reversées à plusieurs organismes d’aide au développement international comprend depuis 2020 l’écotaxe qui s’applique sur les vols au départ de la France. D’un montant de 1,50 euro pour les vols intérieurs en classe économique à 18 euros pour les voyages hors UE en classe affaire, cette dernière finance le transport ferroviaire mais aussi routier car la somme dégagée est affectée à l'Agence de financement des infrastructures de France. Grâce à ce dispositif, le gouvernement affirmait, au moment de sa mise en œuvre, qu’il allait récolter environ 182 millions d’euros par an.
L’instauration de cette écotaxe avait provoqué la colère des acteurs du transport aérien qui craignaient une perte de compétitivité du secteur. Air France avait estimé le surcoût lié à ce dispositif à plus de 60 millions d'euros par an. Dans un communiqué, la compagnie aérienne considérait également que la mesure était «extrêmement pénalisante» pour elle car 50% de son activité était réalisée au départ de la France.
Le projet européen de taxation du kérosène piétine
Clément Beaune s’est également exprimé sur le projet européen de taxation du kérosène qui prévoit une hausse progressive du taux d'imposition minimal applicable au carburant utilisé pour les vols intra-européens ainsi qu’une exonération fiscale de dix ans pour les carburants durables. «Cela ne sert à rien d’avoir une taxe sur le kérosène en France si vous ne l’avez pas en Allemagne ou en Italie […] Il faut une action européenne», a-t-il défendu avant d’ajouter : «C’est la France qui est en train de la mener et je suis confiant que d’ici quelques mois nous aurons une taxe européenne sur le kérosène».
S’il affirme que le projet «avance», plusieurs diplomates européens ont récemment confié à Reuters que les discussions entre les Etats membres piétinaient et qu’un accord ne serait probablement pas trouvé avant la fin de la présidence espagnole, le 1er janvier 2024.



