Etude

Pétrole, fer, riz... Les prévisions moroses de CyclOpe pour les matières premières en 2025

Après une légère déprime en 2024, l’indice des matières premières de l’institut CyclOpe présenté le 28 janvier est anticipé en baisse de 6% cette année. Si quelques secteurs, comme le gaz naturel, l’aluminium ou le maïs, pourraient grimper, le marché est touché par la faible demande chinoise et les incertitudes géopolitiques et économiques, amplifiées par l’arrivée de Donald Trump à la tête des Etats-Unis.

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Minerai de fer - BHP Billiton
Face aux déboires de la construction chinoises, les prix de l'acier et, plus amont, du minerai de fer, sont en baisse.

Ceux qui espéraient une reprise des cours des matières premières en 2025 risquent de faire grise mine. Après une année 2024 globalement stable – en baisse de 1% sur le prix moyen du panier de matières premières considérées par CyclOpe –, l’année 2025 devrait connaître une baisse moyenne des prix de 6% estime l’institut spécialisé sur les matières premières, dont les prévisions ont été présentées mardi 28 janvier. Après avoir atteint des prix planchers en 2024, de nombreux marchés devraient rester déprimés en 2025, d'où une baisse des prix moyens d'une année sur l'autre, expliquent Philippe Chalmin et Yves Jégourel, les deux co-directeurs du cercle d'experts CyclOpe, devant quelques journalistes.

Le cacao bat tous les records

Bien sûr, les prévisions dépendent des dynamiques de chaque marché. Il n’y a qu'à regarder l’explosion – que «personne n’avait prévu» dixit Philippe Chalmin – des prix du cacao l’année dernière (+126%), pour s’en convaincre. Le marché, fortement déficitaire en 2024, a été touché par une combinaison d'événements météorologiques et de maladies. Parmi les autres croissances notables de l’année, le germanium (+57%) a bénéficié des restrictions d’exportations chinoises, tandis que l’or (+23%) s’est encore illustré comme baromètre des tensions mondiales.

Globalement, la tendance devrait être à la baisse. Du côté agricole, les produits du petit déjeuner que sont le cacao, le café ou encore le jus d'orange et le beurre tutoient les sommets. Mais en dehors de ces cas particuliers, il faut noter une «excellente année, où l’on bat des records de production pratiquement partout dans le monde, à l’exception notable de la France», détaille Philippe Chalmin qui anticipe une légère remontée des prix du blé (+4%, après une année en baisse de 11%) et une forte décrue du côté du soja (-16%) et du riz (-17%). Seul le maïs, peu cher en 2024 grâce à des récoltes abondantes, pourrait connaître un rebond.

Prévisions Institut CyclOpe
Prévisions Prévisions

Du côté des métaux, l’aluminium fait exception avec une croissance attendue de 16%, en raison du manque de bauxite et d’alumine et d’une reconfiguration des flux. L’étain pourrait lui aussi tirer parti de la demande qu’engendre l’électronique (+3% anticipés). Mais de manière générale la demande chinoise, qui a longtemps porté le marché, s’essouffle. «L’élection de Donald Trump engendre des incertitudes, qui impactent les anticipations et les décisions d’investissement et vont peser sur la croissance mondiale», ajoute Yves Jégourel. Selon lui, du fer au nickel, en passant par le cuivre (pourtant star de la transition), «les niveaux de prix des métaux vont rester relativement déprimés» en raison la morosité de l'économie mondiale.

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Le facteur Trump augmente les incertitudes

Une logique qui affecte aussi les hydrocarbures. Le gaz naturel devrait se monnayer un peu plus cher qu'en 2024 (notamment aux Etats-Unis, dont il restera cependant l’avantage compétitif par rapport à l’Europe), mais ce ne devrait pas être le cas pour le pétrole et le charbon. La production d’or noir augmente rapidement alors que la demande de la Chine commence à caler plus vite que ne le prévoyaient les producteurs, pointe Phillipe Chalmin qui parie sur un prix moyen du baril de Brent à 70 dollars le baril, en baisse de 12%.

Des prévisions qui ne tiennent pas compte de l’éventuelle levée des sanctions sur la Russie dans le cas d’un accord de paix avec l’Ukraine… ni de la fin des quotas de production mis en place par l’Opep+, qui dispose toujours de réserves de production d'environ 5 millions de barils par jour. Une option pour laquelle Donald Trump pourrait pousser afin de faire baisser les prix à domicile. Paradoxe : «si les prix du pétrole baissent, l’incitation à produire sera faible» alors que Donald Trump veut aussi doper l’extraction de pétrole aux Etats-Unis, rappelle Philippe Chalmin. Les arbitrages pris à la Maison-Blanche (ou sur le terrain de golf de Mar-a-Lago) seront suivis de près. 

Avec Pierre-Henri Girard-Claudon

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