Orano au pied d’un mur d’investissements à La Hague

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Le groupe nucléaire va investir des milliards pour recycler les combustibles usés.

La décision a été prise, à huis clos, le 26 février, lors du troisième conseil de politique nucléaire présidé par Emmanuel Macron. La politique atypique de la France de recycler les combustibles usés de ses centrales nucléaires est prolongée jusqu’en 2100, l’horizon de fonctionnement des nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 que s’apprête à construire EDF pour remplacer son parc historique vieillissant.

Jusque-là, les contrats signés avec Orano, qui recycle les combustibles usés des centrales historiques à La Hague (Manche), s’arrêtaient en 2040. Le site installé à la pointe du Cotentin «fera l’objet d’investissements importants», a prévenu l’Élysée. Il devra en effet être pérennisé pour fonctionner au-delà de 2040. Orano, qui y a investi 450 millions d’euros en 2023, envisage déjà de multiplier par quatre ses achats annuels (en additionnant ceux d’investissement et de fonctionnement) d’ici à 2030 pour atteindre jusqu’à 2 milliards d’euros.

Des dizaines de milliards d'euros nécessaires

Un début, car deux nouvelles usines devront aussi être construites, a annoncé Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, le 7 mars, lors d’une visite sur le site. Elles devront traiter les déchets des six nouveaux réacteurs nucléaires (EPR2) prévus au minimum et des petits réacteurs nucléaires (SMR) dont les projets se développent. Les études pour ces deux usines vont être lancées. Ces investissements prévus pourraient se compter en dizaines de milliards d’euros. Leur montant n’a pas été dévoilé.

«Il y a besoin d’investissement dans La Hague d’abord pour traiter les combustibles usés jusqu’à 2100. Mais, quitte à développer ces nouvelles usines, autant qu’elles soient capables d’extraire les matières qui alimenteront les nouveaux réacteurs», explique le directeur général d’Orano, Nicolas Maes, en référence aux projets de miniréacteurs à neutrons rapides de plusieurs start-up (tels Naarea, Newcleo et Thorizon) qui auront besoin de combustibles davantage chargés en plutonium. Le taux de valorisation de ces combustibles usés, de 10 % aujourd’hui, pourrait alors dépasser 30 %.

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