La Hague va accueillir deux nouvelles usines pour traiter le combustible nucléaire. Jeudi 7 mars, lors d’une visite sur le site historique d’Orano, construit en 1966, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a détaillé, aux côtés du ministre de l’Industrie Roland Lescure et du directeur général d’Orano Nicolas Maes, les décisions prises lors du conseil de politique nucléaire, présidé par Emmanuel Macron, le 26 février. Bruno Le Maire a confirmé la volonté du gouvernement français de «poursuivre la politique de traitement et de recyclage des combustibles au delà de 2040». L'objectif est de traiter les déchets des six nouveaux réacteurs nucléaires (EPR2) prévus au minimum et des petits réacteurs nucléaires (SMR) dont les projets se développent. Bruno Le Maire a souligné que le nucléaire est une source d’électricité bas-carbone et «d’indépendance énergétique».
Comme l’expliquait L’Usine Nouvelle à la suite d’une récente visite de l’usine de La Hague, Orano et le gouvernement français devront investir des milliards d’euros sur ce site, initialement prévu pour fonctionner jusqu’en 2040, afin d’en prolonger la durée de vie. A La Hague, Orano traite le combustible usé en sortie de réacteurs pour séparer les différents radioéléments qui s'y trouvent. Cela permet de réutiliser le plutonium et l’uranium, le premier au sein de Mox (un mélange d’oxydes uranium et de plutonium réalisé dans l’usine de Melox, à Marcoules (Gard) et qui représente déjà 10% du combustible nucléaire utilisé en France), le second après avoir été enrichi à nouveau. Les éléments les plus radioactifs, eux, sont isolés et parfois vitrifiés pour être stockés, voire enfouis.
Des investissements qui restent à préciser
Sans préciser le montant des investissements prévus, Bruno Le Maire a tout d’abord annoncé que la durée de vie des usines de retraitement de La Hague et de Melox sera étendue «au-delà de 2040». Surtout, les capacités françaises de traitement et de recyclage du combustible devraient être renforcées avec deux nouvelles usines à La Hague.
«Nous lançons les études pour la réalisation d’une nouvelle usine de fabrication de combustible recyclé Mox sur le site de la Hague […]. Nous lançons également les études pour la réalisation d‘une nouvelle usine de retraitement des combustibles usés sur le site de La Hague d’ici 2045-2050», a déclaré le ministre en jugeant que le complexe d’Orano avait donc «un magnifique avenir devant lui».

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«Notre objectif est de garantir la réutilisation des combustibles retraités dans les réacteurs français pour renforcer notre souveraineté et réduire les importations d’uranium», a fait valoir Bruno Le Maire. Les capacités de production, les technologies ou encore le type de combustible précis qui sera produit ne sont pas encore connus et doivent être déterminés.
Traiter les combustibles usés jusqu'en 2100
«Il y a besoin d’investissement dans la Hague d’abord pour traiter les combustibles usés jusqu’à 2100. Mais, quitte à développer ces nouvelles usines, autant faire en sorte qu’elles soient capables d’extraire les matières qui permettront d’alimenter les nouveaux réacteurs», expliquait récemment le directeur général d'Orano, Nicolas Maes, à L'Usine Nouvelle en référence aux projets de mini-réacteurs à neutrons rapides de plusieurs start-up (tels Naarea, Newcleo et Thorizon) qui auront besoin de combustibles plus chargé en plutonium. La question de l'uranium de retraitement (qui n'est pour l'instant réenrichi qu'en Russie, seul pays à disposer d'une usine de conversion de cet uranium de seconde vie ndlr) n'a pas été abordée et reste, elle aussi, en suspens.



