1 760 000 m3. Tel est le volume de déchets radioactifs produits à fin 2021 dans l’Hexagone selon l’édition 2023 de l’inventaire national des matières et déchets radioactifs de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) publié le 12 décembre. Cela représente 220 000 m3 de plus qu’en 2018, au moment de la publication de la précédente édition.
Et ce chiffre ne fera qu’augmenter avec la relance du nucléaire voulue par le gouvernement et le démantèlement de réacteurs en fin de vie. Le volet «Perspectives» du document fait la synthèse des études de l’Andra sur le volume des déchets radioactifs générés par le déploiement de six nouveaux réacteurs EPR2 annoncé par Emmanuel Macron en février 2022.
3% du volume représentent 99% de la radioactivité
Résultat : les déchets dont le volume augmentera le plus avec l’exploitation des six EPR2 sont ceux de haute activité et à vie longue (HA). L’Andra estime que le volume de ces matières hautement radioactives qui mettent plusieurs centaines de milliers d’années à se dégrader augmentera de 11 et 16% selon la stratégie de recyclage du combustible adoptée. Le volume des déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL), dont le niveau de radioactivité est 1 000 fois plus faible que les HA, pourrait quant à lui croître de 4 à 6%.
A elles deux, ces catégories représentent 3% du volume des déchets radioactifs produits en France mais 99% de leur radioactivité totale, selon le ministère de la Transition écologique. Enfin, le stock de déchets de très faible activité et de faible et moyenne activité à vie courte devrait grossir de 5% avec les six nouveaux réacteurs, peu importe la stratégie de recyclage adoptée.
Dans l’ensemble, l’Andra se veut rassurante. Selon elle, son projet très contesté de stockage profond des déchets HA et MA-VL Cigéo, même s’il a été pensé avant la décision de relancer le nucléaire de l’Etat, suffira à absorber les déchets hautement radioactifs supplémentaires.
Impact de la prolongation d’exploitation de 12 réacteurs sur le volume de déchets
L’Andra a également évalué l’impact d’une éventuelle prolongation de dix ans de la durée d’exploitation de 12 réacteurs nucléaires sur le volume de déchets radioactifs. En effet, si la Programmation pluriannuelle de l’énergie 2019-2028 prévoit l’arrêt de 12 réacteurs nucléaires d’ici 2035, le chef de l’Etat a indiqué lors de son discours sur la relance du nucléaire qu’il souhaitait «prolonger tous les réacteurs nucléaires qui peuvent l'être».
Depuis, le conseil de politique nucléaire a validé en février 2023 le lancement d’études permettant de préparer la prolongation de la durée de vie des centrales existantes à 60 ans et au-delà. Pour l'heure, seul le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Tricastin (Drôme) d'EDF a reçu l’aval de l’Autorité de sûreté nucléaire pour prolonger son exploitation de dix ans.
Là encore, en cas de prolongation de l'exploitation de 12 réacteurs, la production des déchets les plus radioactifs augmentera le plus, de 2 à 5% selon les scénarios envisagés. Les volumes des autres types de déchets s’accroîtront, eux, de moins de 1%.



