Le premier marché automobile mondial n’est plus un eldorado pour les constructeurs européens. Lundi 17 octobre, lors du Mondial de l’Auto, le directeur général de Stellantis a ouvert la porte à une éventuelle cessation de ses activités industrielles en Chine. «Nous n’avons pas besoin d’usine en Chine», a déclaré Carlos Tavares lors d’une table-ronde avec la presse. « Dans un monde où la géopolitique se tend entre la Chine et le reste du monde, il n’est pas indispensable de créer une vulnérabilité en ayant des activités de manufacturing en Chine », a complété le directeur général, en évoquant une instabilité croissante dans les relations diplomatiques entre la Chine et le monde occidental.
Discussions en cours avec Dongfeng
En juillet, le groupe automobile avait déjà mis fin à sa coentreprise avec le constructeur chinois Guangzhou Automobile Group (GAC), déficitaire depuis plusieurs années. Désormais, Stellantis se penche sur le cas de la coentreprise Dongfeng Peugeot Citroën Automobile (DPCA). «Nous sommes actuellement en discussion avec Dongfeng», a indiqué Carlos Tavares.
Sans s’avancer sur l’issue des négociations, le directeur général n’a pas fait un portrait très reluisant des activités chinoises de Stellantis. «Chaque fois qu’il y a des pertes en Chine, il faut demander au reste de l’entreprise de compenser ces pertes. Il y a une limite éthique à cela. Nous n’allons pas demander à nos ouvriers français, italiens, allemands et américains de compenser ad vitam aeternam les pertes de nos coentreprises en Chine», a-t-il argumenté. En juillet, le patron avait déjà décrit une situation politique de plus en plus complexe en Chine pour les entreprises occidentales.
Une stratégie d'actifs légers
Carlos Tavares a évoqué des solutions alternatives pour rester présent en Chine. «Nous exécutons notre stratégie d’actifs légers. C’est-à-dire que nous continuons à vendre en Chine de manière très rentable des véhicules de plusieurs marques, dont Alfa Romeo et Jeep, qui sont fabriqués à l’extérieur de la Chine», a-t-il exposé.
Le directeur général a également rappelé la présence de Stellantis sur d’autres marchés : l’Amérique du Nord, l’Amérique latine, l’Europe et l’Afrique du Nord. Quelques jours avant le Mondial de l’Auto, Stellantis a d’ailleurs annoncé la signature d’un accord cadre avec les autorités algériennes pour produire localement des véhicules Fiat.



