«Nous n’avons pas besoin d’usine en Chine», juge le patron de Stellantis Carlos Tavares

En difficultés en Chine, Stellantis n’exclut pas l’arrêt de ses activités industrielles sur place. Au Mondial de l’Auto, le directeur général de l’entreprise Carlos Tavares a annoncé des discussions avec son partenaire Dongfeng sur l’avenir de leur coentreprise.

Réservé aux abonnés
PSA représentait en 2015 environ 3,9 % du marché chinois avec quelque 725 632 véhicules vendus, dont 704 818 vendus via la coentreprise avec DongFeng.
Stellantis rapporte des difficultés dans sa coentreprise avec le constructeur chinois Dongfeng.

Le premier marché automobile mondial n’est plus un eldorado pour les constructeurs européens. Lundi 17 octobre, lors du Mondial de l’Auto, le directeur général de Stellantis a ouvert la porte à une éventuelle cessation de ses activités industrielles en Chine. «Nous n’avons pas besoin d’usine en Chine», a déclaré Carlos Tavares lors d’une table-ronde avec la presse. « Dans un monde où la géopolitique se tend entre la Chine et le reste du monde, il n’est pas indispensable de créer une vulnérabilité en ayant des activités de manufacturing en Chine », a complété le directeur général, en évoquant une instabilité croissante dans les relations diplomatiques entre la Chine et le monde occidental.

Discussions en cours avec Dongfeng

En juillet, le groupe automobile avait déjà mis fin à sa coentreprise avec le constructeur chinois Guangzhou Automobile Group (GAC), déficitaire depuis plusieurs années. Désormais, Stellantis se penche sur le cas de la coentreprise Dongfeng Peugeot Citroën Automobile (DPCA). «Nous sommes actuellement en discussion avec Dongfeng», a indiqué Carlos Tavares.

Sans s’avancer sur l’issue des négociations, le directeur général n’a pas fait un portrait très reluisant des activités chinoises de Stellantis. «Chaque fois qu’il y a des pertes en Chine, il faut demander au reste de l’entreprise de compenser ces pertes. Il y a une limite éthique à cela. Nous n’allons pas demander à nos ouvriers français, italiens, allemands et américains de compenser ad vitam aeternam les pertes de nos coentreprises en Chine», a-t-il argumenté. En juillet, le patron avait déjà décrit une situation politique de plus en plus complexe en Chine pour les entreprises occidentales.

Une stratégie d'actifs légers

Carlos Tavares a évoqué des solutions alternatives pour rester présent en Chine. «Nous exécutons notre stratégie d’actifs légers. C’est-à-dire que nous continuons à vendre en Chine de manière très rentable des véhicules de plusieurs marques, dont Alfa Romeo et Jeep, qui sont fabriqués à l’extérieur de la Chine», a-t-il exposé.

Le directeur général a également rappelé la présence de Stellantis sur d’autres marchés : l’Amérique du Nord, l’Amérique latine, l’Europe et l’Afrique du Nord. Quelques jours avant le Mondial de l’Auto, Stellantis a d’ailleurs annoncé la signature d’un accord cadre avec les autorités algériennes pour produire localement des véhicules Fiat.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.