Analyse

Moins de vaches pour plus de souveraineté énergétique

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traite vaches élevage Delaval
traite vaches élevage Delaval

Ce sont deux sujets complexes et clivants. Mais que la nouvelle stratégie française énergie climat, en cours d’élaboration, devra traiter, d’autant qu’ils sont liés. La sobriété, l’efficacité énergétique et l’électrification des usages ne suffiront pas pour atteindre les objectifs climat de la France. Il faudra aussi réduire les émissions de l’agriculture (19,8 % des émissions domestiques, dont 11,8 % dus à l’élevage bovin). Et mieux flécher la biomasse, dont les besoins dans l’industrie et l’énergie doivent augmenter d’au moins 40 %.

La France produit chaque année 310 tonnes de matières sèches (MtMS), dont 23 % de graines, fruits et légumes, 25 % de fourrage, 26 % de résidus de cultures et 26 % de bois. Un tiers de cette biomasse est utilisé pour l’alimentation animale, et environ 10 % à des fins énergétiques. D’ici à 2050, près de la moitié de la biomasse devra être orientée vers l’industrie et l’énergie. Or la production de biomasse est peu flexible et le sol ne peut pas être exploité n’importe comment, rappelle le Conseil économique, social et environnemental (Cese) dans un avis sur la gouvernance de la biomasse adopté le 24 mai dernier. Il faut donc faire des choix sur l’usage des terres et de la biomasse produite, sans nuire à l’alimentation humaine et à son rôle de puits de carbone et de préservation de la biodiversité.

Le Cese préconise de réduire la part de la biomasse exportée et celle dédiée à l’alimentation animale, et donc mécaniquement de l’élevage, bovin surtout. Dans un avis portant sur les soutiens publics aux éleveurs bovins du 22 mai, la Cour des comptes arrive au même constat. La France doit «définir et rendre publique une stratégie de réduction du cheptel bovin», pour diminuer ses émissions de gaz à effet de serre mais «en tenant compte des objectifs de santé publique, de souveraineté alimentaire et d’aménagement du territoire».

Mais pour remplacer les énergies fossiles importées par les biogaz et biocarburants nationaux, tout en réduisant nos émissions domestiques, réduire le cheptel ne va pas suffire. Il faudra également végétaliser nos assiettes. Sinon, ce sont nos importations de viande bovine qui vont encore grimper. 

Couv 3720-21
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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3720-3721 - Juillet/août 2023

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