Depuis 2018, date de son rachat à Monsanto du Roundup, un herbicide à base de glyphosate, l’industriel allemand Bayer est abonné aux procès outre-Atlantique. Le Wall Street Journal indiquait récemment que, malgré le succès de ce produit, Bayer songe à en arrêter la commercialisation. La multinationale a déjà versé plus de 10 milliards de dollars aux plaignants américains qui considèrent que le désherbant est la cause des cancers qu’ils ont développés.
100 000 plaintes aux Etats-Unis
Quelque 67 000 affaires seraient toujours en cours. La firme aurait provisionné 16 milliards de dollars à cet effet. En coulisses, elle mène un lobbying intense pour obtenir une forme de loi d’amnistie et se protéger des procès. L’annonce d’un éventuel retrait de son herbicide star sur le marché américain va dans ce sens. En Europe, rien de tel ne semble prévu pour l’instant. Mais les autorités locales pourront y voir un avertissement. En France, dans l’Isère, un couple intente une action en justice en raison des malformations de son fils, imputées à l’herbicide.
On est toutefois loin, à ce stade, des 100000 plaintes qu’a déjà soldé Bayer aux États-Unis. La fin du glyphosate semble hautement improbable à moyen terme de ce côté de l’Atlantique. En 2023, l’Europe a renouvelé pour dix ans l’autorisation de la substance active. Nombre de projets d’agriculture dite régénératrice, des projets de résilience généralement menés par l’industrie agroalimentaire, s’appuient sur le glyphosate. Malgré son impact sur la biodiversité – notamment sur les vers de terre –, le Roundup est souvent clé pour des exploitants qui s’engagent dans la réduction des labours et sèment des couverts végétaux. Le glyphosate représente un quart des ventes de désherbant en France.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n°3743 - Juin 2025



