L’Observatoire de la formation des prix et marges avait pour épineuse mission d’éclairer l’évolution des marges de l’agroalimentaire pendant la période inflationniste. Cette instance sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, pilotée par Sophie Devienne, tente chaque année de mettre un certain nombre d’acteurs autour de la table pour récolter des informations sur la répartition de la valeur. Le rapport rendu officiellement public ce 9 juillet – après avoir fuité – s’efforce de distiller des informations sur la période 2023 et 2024, les années antérieures étant couvertes par les éditions précédentes.
La distribution perd en rentabilité, pour l'industrie, tout dépend
Aussi, alors que 2022 avait été marqué par une très forte envolée des prix des matières premières agricoles, poussant les maillons aval, industriels et distributeurs, à rogner sur leurs marges pour tempérer les hausses de prix, que s’est-il passé par la suite ? La rentabilité de l’aval de la chaine alimentaire a-t-elle continué à s’éroder ? Si pour la grande distribution, Sophie Devienne note une «diminution globale de la marge nette» (un indicateur de rentabilité) sur les rayons étudiés, la situation est plus contrastée pour l’industrie agroalimentaire.
Il y a les incontestables perdants du cycle écoulé. Les maillons d’abattages souffrent en porc et en bovin, avec des résultats dans le rouge. L’année 2023 est loin de présenter des améliorations. Pour la meunerie, l’année 2023 marque un redressement des résultats courants des entreprises après un exercice 2022 particulièrement compliqué… mais les entreprises restent en moyenne légèrement dans le rouge. Même situation pour la boulangerie industrielle. Les fabricants de pâtes eux ont retrouvé des niveaux de résultats supérieurs à 2022, mais toujours un peu inférieurs aux années précédentes. Les marges nettes ne sont pas totalement reconstituées.
La charcuterie voit rouge, la volaille dans le vert
L’ensemble de la charcuterie voit rouge avec une érosion des marges nettes et des résultats négatifs, dans le sillage de prix du porc très élevés. A noter que pour cette industrie, la crise est amplifiée par le phénomène de péréquation des marges, les distributeurs ayant tendance à se refaire à la cerise sur cette partie des étals, la charcuterie permettant notamment de compenser les déficits enregistrés au rayon boucherie.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Et puis il y a ceux qui s’en sortent mieux. L’industrie laitière – qui n’a participé qu’avec parcimonie à l’enquête, seuls 8 industriels sur la trentaine existants acceptant de répondre – voit sa marge nette progresser, avec un Ebidta de retour à 7,4%, contre 7% en 2022 et autour de 7,5% les années précédentes. Les volaillers pour leur part réussi à améliorer leurs résultats sur les exercices 2022 et encore plus sur 2023, profitant du contexte de grippe aviaire et de la tension sur les approvisionnements. Le taux de marge nette a progressé.
Une rentabilité globalement faible
Pour l'ensemble du secteur, le niveau de rentabilité est toujours loin de celui des GAFAM. «Le taux de profitabilité (…) est de -0,9% en viande porcine, 1,1% en charcuterie, 1,4% en mareyage, 3,5% pour l’ensemble des industries agroalimentaires et 3,7% pour le poulet de chair» note aussi l’observatoire. La réputation d’industrie de centimiers n’est pas usurpée.



