Chronique

[Mobil'Idées] Dans le ferroviaire français, des jeunes pousses viennent bousculer la SNCF

Dans la chronique Mobil'Idées, on passe en revue ce qui fait bouger les transports. Cette semaine, nous nous intéressons aux projets originaux qui fleurissent pour compléter l’offre de la SNCF sur le réseau ferroviaire français.

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Orient Express
Comme dans l'Orient-Express, les futurs trains de nuit de Midnight Trains veulent proposer le confort d'un hôtel sur rails.

A l’automne, le premier concurrent de la SNCF sur le TGV passera la frontière. Trenitalia devrait opérer entre Paris et Lyon, voire Milan. L’espagnol Renfe a déjà annoncé son intention de venir en France et s’intéresserait à la ligne Lyon-Marseille. Quelques régions lancent des appels d’offres sur des lignes de TER, mais c’est à peu près tout pour l’instant… Même l’appel d’offres de l’Etat pour les Trains d’équilibre du territoire (TET, ex-Intercités) n’avait pas été fructueux et la SNCF était repartie pour un tour. La vraie concurrence pourrait finalement venir de France, notamment de nouveaux opérateurs bien décidés à profiter des vides laissés par la SNCF.

C’est le cas sur la très grande vitesse, où la compagnie ferroviaire Le Train souhaite exploiter des TGV dès la fin 2022 entre Arcachon, Bordeaux, Angoulême, Poitiers et La Rochelle, voire même jusqu’à Nantes et Rennes. Son dirigeant Alain Getraud est un ancien de SNCF Réseau.

Du train de nuit à l'hôtel sur rails

Le gouvernement a décidé de relancer les trains de nuits, réduits à la portion congrue par l’opérateur historique et les précédents gouvernements, ce qui devrait engendrer des appels d’offres. La SNCF et les compagnies nationales allemande, autrichienne et suisse se sont alliées pour relancer des lignes internationales. Mais une nouvelle entreprise française, Midnight Trains, souhaite s’immiscer entre ces acteurs historiques. Avec, à la manœuvre, deux jeunes entrepreneurs: Adrien Aumont, cofondateur de KissKissBankBank, et Romain Payet. Ils prévoient d’ouvrir une première ligne en 2024 au départ d’un hub parisien. Le but est de pouvoir voyager à partir de la capitale française vers une dizaine de villes européennes situées entre 800 et 1500 km dans un train qui s’apparente à un hôtel sur rails, afin que le train concurrence l’avion et non plus le bus.

Rouvrir des lignes oubliées

Le Train et Midnight Trains confirment la vitalité française dans ce secteur. Sur un autre modèle, Railcoop, la première coopérative ferroviaire, devrait ouvrir sa première ligne pour les marchandises avant la fin de l’année et la ligne pour les voyageurs entre Bordeaux et Lyon dans un peu plus d’un an. " Si tout se passe comme prévu, nous pourrons ouvrir notre premier service de fret ferroviaire entre Viviez-Decazeville (Aveyron), Capdenac-Figeac (Lot) et Toulouse Saint-Jory avant la fin de l’année, nous confiait récemment Nicolas Debaisieux, directeur général de Railcoop. Lui affirme ne pas vouloir concurrencer la SNCF, mais espérer prendre des parts à la route. Il envisage d’ouvrir dès 2023 des lignes  sur les diagonales oubliées Toulouse-Rennes et Lyon-Thionville.

Les petites lignes, menacées de disparition, pourraient être revitalisées si la solution de trains légers autonomes de Taxirail prouve sa viabilité économique et technique. Attendons les premiers tests, qui devraient avoir lieu en 2022 avec un prototype construit par l’industriel Geismar à Colmar (Haut-Rhin).

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