Chronique

[Matière à penser] Après avoir détruit un site aborigène, Rio Tinto limoge sa direction

L'analyse de Franck Stassi, spécialiste Matières premières à L'Usine Nouvelle.

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Pour faire taire la polémique, le patron de Rio Tinto, Jean-Sébastien Jacques, a été débarqué après le dynamitage d'un site aborigène en Australie. © D.R.

Il ne fallait pas laisser couver le feu trop longtemps. "D’un commun accord", Rio Tinto a fini par se séparer de son directeur général, le Français Jean-Sébastien Jacques, du chef de la division minerai de fer, Chris Salisbury, ainsi que de la directrice de la communication, Simone Niven.

Un moyen, pour le géant minier, de circonscrire l’incendie médiatique provoqué par le dynamitage en mai d’un site aborigène préhistorique en Australie qui contenait des traces d’occupation humaine parmi les plus anciennes au monde.

Pourquoi une telle destruction ? Pour permettre l’extension d’une mine de fer, autorisée en 2013. Le tout en agissant de droit, en vertu d’un article de l’Aboriginal Heritage Act, qui décriminalise la destruction de sites protégés. En dépit de cette couverture juridique, Rio Tinto a vite senti le vent tourner. Dès le mois suivant, il annonçait l’ouverture d’une enquête interne mettant au jour des manquements liés à "une série de décisions, d’actions et d’omissions sur une longue période" ainsi qu’à une "mauvaise" prise de décision.

En août, Rio Tinto s’engageait à débloquer 50 millions de dollars pour attirer, développer et retenir des professionnels autochtones. Il annonçait vouloir donner davantage de voix aux propriétaires dans l’exploitation minière et renoncer à verser des bonus liés à la performance à trois de ses plus hauts dirigeants. Ce qui n’aura pas suffi pour éteindre une polémique dont l’impact dépasse le seul groupe anglo-australien.

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