Après la bonne nouvelle de l’acquisition de l’américain First Transit finalisée le 6 mars dernier, quinze jours plus tard, Transdev présente des bons résultats financiers sur l’exercice 2022. Ce mardi 21 mars 2023, à l’hôtel de Pomereu (Paris VIIème), propriété de la Caisse des dépôts et consignation, qui détient 66% de Transdev, Thierry Mallet le PDG du groupe a annoncé un chiffre d’affaires en hausse de 10 % à 7,7 milliards d’euros et un résultat net de 20 millions d’euros. L’entreprise qui a fait voyager 8,8 millions de passagers contre 11 millions avant la pandémie et employait 84 000 salariés fin 2022 (100 000 avec First Transit) se targue de faire rouler 2000 bus électriques et 3000 d’ici la fin de l’année.
Aujourd’hui la répartition du chiffre d’affaires par secteur montre une prédominance du transport urbain (46,7%), devant l’interurbain (29,7%) et le rail (13%) surtout présent en Allemagne, en Nouvelle-Zélande, en Suède, un peu aux Pays-Bas et bientôt en France avec une première ligne en région PACA qui devrait débuter en 2025. Et le résultat de l’appel d’offre pour quelques lignes dans les Pays de Loire pourrait tomber avant l’été.
France, Allemagne, Etats-Unis, le tiercé gagnant
La France représente 35,2 % de l’activité du groupe, contre 17,2% pour l’Allemagne et 14,9% pour les Etats-Unis, dont la part va doubler en 2023 avec le rachat de First Transit. «Avec cette acquisition, notre chiffre d’affaires serait de 9,1 milliards d’euros s’il avait eu lieu en 2022», précise Thierry Mallet.
Le chiffre d’affaires a augmenté en partie avec la reprise de la fréquentation des transports en commun, mais aussi grâce à des gains de contrats importants en France avec six réseaux de bus en Île-de-France (plus de 140 millions d’euros par an) qui comprend le premier téléphérique urbain dans la région, aux Pays-Bas, en Suède, en Australie et aux Etats-Unis. Mais aussi pour les métros de Toronto (Canada) et de Quito (Equateur). En Allemagne, Transdev a démarré en juin 2022 l’exploitation de 10 lignes de trains régionaux S-Bahn (proche du RER) à Hanovre et de lignes ferroviaires en Suède. Ce qui explique que ce sont ces deux derniers pays qui ont eu la plus forte progression de leur chiffre d’affaires.
Certains pays ont fortement aidé financièrement les opérateurs ce qui contribue aussi à la hausse du chiffre d‘affaires, comme aux Pays-Bas où Transdev a touché 40 millions d’euros des autorités pour compenser la chute de la fréquentation.
L’impact de la hausse des coûts de l’énergie
Le résultat net a progressé de 182 millions d’euros et la dette nette est en baisse pour la troisième année consécutive (de 1864 à 1134 millions d’euros). Le résultat opérationnel courant est en baisse par rapport à 2021, mais il atteint 87 millions d’euros, malgré un impact de 82 millions d’euros lié aux coûts de l’énergie. Ceux-ci ont augmenté la facture de 28 millions d’euros sur l’activité française et de 45 millions d’euros en Allemagne.
Pour répondre aux problèmes de recrutement, Transdev a formé 729 nouveaux conducteurs en France dans son propre centre de formation d’apprentis et a recruté plus de 4000 conducteurs. «Nous nous appuyons sur ce que nous faisons en Allemagne et en Suède, où nous recrutons des migrants, que nous formons et auxquels nous apprenons la langue du pays», se félicite Thierry Mallet. En France, le transporteur avait lancé une campagne pour former des conducteurs ukrainiens. Et pour être plus attractif, «nous réfléchissons à passer à la semaine de quatre jours avec 35 heures, comme nous le faisons déjà à Rouen.»



