La France n’a pas gagné la Coupe du monde de football à Doha, mais Keolis peut se réjouir de ses résultats dans la capitale qatarie à l’occasion de cet événement planétaire. L’entreprise française avait remporté en 2017 avec RATP Dev et Hamad Group, au sein de la coentreprise RKH Qitarat, l’appel d’offres lancé par Qatar Rail. Ce consortium exploite trois lignes de métro automatique et une ligne de tramway depuis 2019. «Nous avons transporté 18 millions de voyageurs durant ces cinq semaines, soit huit fois plus que pendant une période normale, se réjouit Bernard Tabary, directeur général international chez Keolis, lors de la présentation des résultats 2022 devant la presse vendredi 10 mars. Nous avons atteint un taux de régularité de 98% et le réseau fonctionnait 21 heures sur 24. A Buenos Aires, le réseau défaillant a été incapable de faire face à l’afflux des supporters venus fêter leur équipe.» Un point partout, balle au centre…
Keolis collectionne les contrats, de l'Inde au Danemark
Keolis continue à engranger des succès à l’international, notamment dans les trois pays phares pour le groupe (avec la France) que sont l’Australie, les Etats-Unis et la Suède. Dans ce dernier pays, où il est présent depuis un quart de siècle, il a remporté un contrat de 12 ans à Lund pour l’exploitation du réseau de bus et de tramway. Présent sur plusieurs réseaux de bus, tous bas carbone, il attend pour 2024 le résultat de l’appel d’offres pour l’exploitation et la maintenance du métro de Stockholm lancé cette année. En 2022, la filiale de la SNCF a remporté des contrats, au Danemark, en Inde (Hyderabad), aux Pays-Bas (Utrecht), au Royaume-Uni avec Go Ahead (Thameslink Railway, le plus grand réseau ferré du pays)…
Mais la France n’est pas en reste avec les succès à Valenciennes (Nord) pour le réseau de bus et de tramways, à Dijon (Côte-d'Or), Perpignan (Pyrénées-Orientales) et surtout à Bordeaux (Gironde), où il va continuer à exploiter le réseau de tramways pendant huit nouvelles années, pour un montant de 2,2 milliards d’euros. «Nous avons su répondre à la problématique d’une saturation du réseau en proposant notamment un nouvel appareillage de voies qui permet de faire rouler des rames toutes les 2 minutes 30, au lieu de 3 minutes sur le tronçon central, explique Frédéric Baverez, directeur général France de Keolis. Et à Rennes, nous avons inauguré la ligne B du métro, le 20 septembre dernier. Nous étions à 70 000 voyageurs jour fin septembre et à 85 000 voyageurs en février. A ce rythme, l‘objectif de 100 000 voyageurs par jour fin 2024 sur cette nouvelle ligne sera dépassé.» Quand l’offre est au rendez-vous, les transports en commun sont plébiscités par les Français…
Arrêt des activités en Allemagne
D’ailleurs, les bons résultats de Keolis s’expliquent essentiellement par le retour de la fréquentation. «Elle atteint 95% en France par rapport à 2019, elle est supérieure à 100% au Moyen-Orient, et entre 75 et 85% en Europe et Australie, détaille Marie-Ange Debon, la présidente du directoire de Keolis. Nous avons réalisé une très belle année commerciale. Le chiffre d’affaires est en hausse de 9,1% en organique et de 6,4% en croissance brute. Le résultat net est en forte progression, passant de 20 à 48 millions d’euros en un an et l’endettement est en baisse.»
Le chiffre d’affaires est passé de 6,3 à 6,7 milliards d’euros en un an, soit un résultat supérieur à 2019 (6,6 milliards d’euros). Une croissance tirée aux trois-quarts par la France (+300 millions d'euros). Ces bons résultats s’expliquent aussi par la vente des activités en Allemagne, principal foyer de pertes, qui a pris effet au 1er janvier 2022. Marie-Ange Debon est également revenue sur la transition écologique. «L’objectif du groupe est de multiplier par trois les kilomètres réalisés avec des énergies alternatives d’ici à 2030 et par deux en 2025 par rapport à 2019. Fin 2022, nous avons déjà augmenté de 37% la part des énergies décarbonées.» A l’occasion de la COP28, Keolis doit accompagner Dubaï pour décarboner son métro. Une goutte d’eau dans les émissions de CO2 de ce pays, mais c’est un autre débat...



