2022, l’année des records pour la SNCF ! Un chiffre d’affaires de 41,4 milliards d’euros en hausse de 19% par rapport à 2021 et de 18% par rapport à 2019, dernière avant la crise sanitaire. Toujours par rapport à cette année de référence, la SNCF enregistre un Ebitda de 6,6 milliards d’euros en hausse de 17%, un résultat net de 2,4 milliards (contre -0,8 milliard en 2019), et un cash-flow libre positif de 1,3 milliard. Début 2022, l’Etat a repris 10 milliards d’euros de la dette comme prévu avec la réforme du ferroviaire de 2018 (en plus des 25 milliards déjà repris). Résultat : le groupe SNCF a réduit fortement son endettement de 36,3 à 24,4 milliards d’euros. «Le groupe tient ses engagements, il tourne le dos aux déficits», s’est félicité son président-directeur-général Jean-Pierre Farandou, lors de la présentation des résultats 2022 devant la presse au siège de Saint-Denis, jeudi 23 février 2023.
Le ratio dette/Ebitda est tombé à 3,7. La reprise de la dette permet aussi à l’entreprise d’économiser environ 1,2 milliard d’euros de frais financiers chaque année. Mais la SNCF a aussi gagné en productivité avec 930 millions d’euros de gains de compétitivité soit 25% de plus que l’objectif fixé dans le plan de performance.
La locomotive Geodis
SNCF Voyageurs a enregistré une très forte augmentation de son Ebitda qui atteint 14% de son chiffre d’affaires contre 2,5 % en 2021 et 11% en 2019, et la fréquentation a augmenté de 30% en un an avec un taux d’occupation des TGV de 85%, dont un tiers à 100%. Mais la première locomotive du groupe est la filiale Geodis qui a vu son chiffre d‘affaires progresser de 19,2 % en un an et de 67,6% par rapport à 2019 pour représenter un tiers du chiffre d’affaires du groupe. Elle a profité d’une conjoncture très favorable aux logisticiens et commissionnaires de transport et a réalisé quatre acquisitions (en Pologne, Singapour et aux Etats-Unis. «Geodis est en phase de digestion», a prévenu Jean-Pierre Farandou.
Cet exercice réussi est surtout bénéfique au ferroviaire français. « L’activité ferroviaire du groupe atteint 50 % du chiffre d‘affaires. L’autre moitié est réalisée par Keolis et Geodis, et 37% des activités sont à l’international, explique Laurent Trevisani, directeur général délégué en charge de la stratégie et des finances du groupe SNCF. Mais tout le cash généré reste dans le groupe et il sert à financer le système ferroviaire français. » En effet, 95 % des investissements du groupe ont été réalisés en France. Ils ont atteint 9,9 milliards d’euros, dont plus d’un tiers par la SNCF. 5,6 milliards d’euros ont été mobilisés pour la rénovation et la modernisation du réseau ferré, 3,3 milliards pour le matériel roulant et 1 milliard pour la modernisation des gares, les ateliers, l’information voyageurs…
Les investissements pour améliorer le transport ferroviaire même à ce niveau restent insuffisants pour régénérer le réseau. Et les professionnels du secteur seront sensibles aux annonces de la Première ministre Elisabeth Borne, ce vendredi 24 févier, après la remise officielle du rapport du Comité d’orientation des infrastructures. Seront-ils reconduits au même niveau en 2023 ? La SNCF va devoir subir une forte hausse du coût de l’énergie intégrée et à l’incertitude internationale. En attendant, la direction se targue de poursuivre ses engagements en matière de politique sociale. «L’emploi est stabilisé pour la première fois depuis très longtemps [Plus de 14 300 CDI ont été embauchés]», se félicite Jean-Pierre Farandou. Les salaires des personnels ferroviaires ont été revalorisés d’environ 6% en moyenne en 2022 et en 2023.



