Maintenance, sécurité, mobilité… Les applications industrielles de la 5G prévues par ArcelorMittal

Le sidérurgiste ArcelorMittal a dévoilé, le 23 novembre, son projet de déploiement de la 5G sur ses sites de production. Un projet expérimental, baptisé 5G Steel, doit débuter au premier semestre 2022 sur le site de Dunkerque avant de se déployer sur ses autres sites.

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Florange
La 5G devra faciliter la maintenance au sein des sites de production d'ArcelorMittal.

ArcelorMittal accélère sa transformation digitale. Le producteur d’acier a livré plus de détails, le 23 novembre à Paris, sur son projet 5G Steel, qui associe l'opérateur Orange pour le réseau 4G/5G et Ericsson pour le déploiement des antennes.

Financé par le plan France Relance, ce projet expérimental doit démarrer sur le site de Dunkerque en 2022, le plus gros site d’ArcelorMittal en France, avant de se généraliser sur les sites de Florange (Moselle) et Mardyck (Nord) à partir de 2023.

Faire face aux flux de données dans l'usine

L’aciériste souhaite utiliser les deux atouts de la 5G pour la robotisation croissante de ses équipements : la réduction de la latence et l’augmentation du débit des données transmises entre les équipements connectés de l'usine. La baisse de la latence est surtout attendue pour les solutions de sécurité déployées pour les véhicules autonomes. ArcelorMittal compte en effet lancer son premier train autonome d’ici à 2023 sur son réseau privé interne, en partenariat avec la startup EasyMile. Ce train sera piloté à travers une connexion 5G pour maximiser la sécurité en diminuant le temps de latence.

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La 5G sera également utilisée dans la maintenance, pour le système flambant neuf du cockpit de pilotage ultra-connecté qui bénéficiera aussi d’une latence réduite. L’augmentation du débit permis par la 5G sera utilisée pour assurer la transmission massive de données vidéo. « Quand on doit gérer un seul flux vidéo HD, la 4G peut suffire mais lorsque nous avons des dizaines de flux vidéo HD sur un site, la 5G s’impose », explique Franck Bouétard, PDG d’Ericsson France à l’occasion d’une conférence de presse d’ArcelorMittal.

Démonstrateur du cockpit de pilotageArcelorMittal
Démonstrateur du cockpit de pilotage Démonstrateur du cockpit de pilotage

Le démonstrateur, à Paris, du cockpit de pilotage d'ArcelorMittal, qui bénéficiera de la 5G. Crédit photo : Roman Epitropakis.  

Au-dessus des ouvriers d’ArcelorMittal planeront bientôt des drones qui assureront plusieurs missions, comme la quantification des stocks de matières premières, le contrôle de la température grâce à des caméras thermiques, ou encore la sécurité des travailleurs. La multiplication des systèmes connectés dans l’usine va également solliciter la faible latence et haut débit de la 5G.

Cette expérimentation se fera dans une bande de fréquence de 2,6 GHz, l'une de celles actuellement utilisées par la 4G, en attendant une bande de fréquence de 3,5 GHz voire, lorsqu'elles seront attribuées, les bandes millimétriques de 26 GHz qui apparaissent comme les plus adaptées à une vraie 5G industrielle sur un site.

Huit antennes outdoor pour commencer

Selon leur fonction, tous les équipements connectés de l’usine n’auront pas besoin d’être équipés de la 5G. C’est pourquoi le réseau fourni par Orange délivre à la fois un réseau 4G et 5G. L’expérimentation débutera par l’installation outdoor de huit antennes pour assurer la connectivité, avant l’installation d’antennes indoor supplémentaires. « Nous ne sommes pas dans un petit atelier mais dans un espace couvrant plusieurs kilomètres carrés », explique David Glijer, directeur de la transformation digitale d’ArcelorMittal France. L’environnement particulier de l’usine métallurgique représentera certainement une difficulté pour l’installation de ces antennes indoor, au milieu de températures très élevées et d’un acier omniprésent.

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